L’argumentation morale par la notion de « nature » : Histoire, pertinence actuelle en théologie morale, propositions

Date

Mardi de 9h30 à 12h30, les 23 janvier, 20 mars, 15 mai 2018

Description

En théologie morale catholique, la notion de « nature » (nature humaine, loi naturelle, ordre naturel, etc.) continue à servir
d’argument fondamental pour légitimer des règles morales premières et universelles accessibles en raison. Certaines de ces règles morales sont contestées depuis plus ou moins longtemps en dehors et à l’intérieur de l’Église catholique (contraception, procréation, homosexualité, genre, justice sociale, économie, etc.) parce qu’elles utilisent faussement l’argument de « nature », par exemple, le lien établi entre nature biologique et nature humaine.
Comment évaluer aujourd’hui en théologie morale la pertinence de ces arguments mobilisant la notion de « nature » ? Est-il souhaitable et possible de penser la théologie morale en révisant les usages de ces arguments voire en n’y faisant plus recours ? Quelles seraient les autres manières d’établir des règles morales universelles accessibles en raison ?
La réflexion a commencé par un état de la question à partir des documents du magistère de Léon XIII (Rerum novarum, 1891) jusqu’à François (Laudato si, 2015), et de la réinterprétation de la loi naturelle par la Commission
théologique internationale (2009). Elle s’est poursuivie en examinant les interprétations du concept de loi naturelle chez Thomas d’Aquin et leur postérité dans l’Église catholique, puis en étudiant quelques tentatives de reformulation de la « loi naturelle » (Grisez, Finnis) mobilisant la notion de « biens fondamentaux » nécessaires à l’épanouissement humain. Cette tentative conduit à reprendre des approches philosophiques, notamment par les capabilités (Sen, Nussbaum) et des approches d’anthropologies théologiques contemporaines.
Dans un dialogue entre philosophie et théologie, nous poursuivrons ces travaux en vue d’un colloque en 2018-2019. Il portera sur la pertinence du recours à la loi naturelle pour l’élaboration d’une éthique universelle dans les quatre domaines de l’écologie, l’économie, le social et la bioéthique.

Inscription

Le séminaire est destiné aux étudiants, enseignants, chercheurs et doctorants de philosophie, théologie et sciences sociales. Le nombre de participants est limité.
S’inscrire auprès de Bruno SAINTÔT, responsable du département Éthique biomédicale du Centre Sèvres : bruno.saintot@centresevres.com

Avec l'(es) enseignant(e)(s) suivant(e)(s):

Bruno SAINTÔT

Jésuite, DEA philosophie (Lyon III), DEA théologie (Centre Sèvres).  Maître assistant en philosophie, responsable du Département Ethique biomédicale. Recherches sur le lien entre anthropologie (philosophique et théologique) et éthique.

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Éric CHARMETANT

Jésuite, docteur en philosophie (Paris I-Panthéon Sorbonne), maître de conférences en philosophie. Membre du comité de rédaction de la revue Laennec.

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Cécile RENOUARD

Religieuse de l’Assomption, diplôme de l’ESSEC, licence canonique en théologie et DEA en philosophie, docteur en philosophie (EHESS), HDR, professeur de philosophie, directrice de programmes de recherches « CODEV – Entreprises et développement » à l’ESSEC.

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Alain THOMASSET

Jésuite, professeur de théologie morale, doyen de la Faculté de théologie du Centre Sèvres, directeur du 3e cycle de théologie. Docteur en théologie (Leuven), président de l’Association de théologiens pour l’étude de la morale (ATEM), collaborateur de la revue Recherches de Science Religieuse, Vice-président de la Fondation Jean Rodhain.

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