Vérité et violence. Religion, éthique, politique

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du 7 octobre au 20 janvier + une séance à déterminer

Alors que nous vivons à l’ère de la « post-vérité » et des fake news, la vérité, qu’elle soit métaphysique, morale, politique, ou tout simplement historique, apparaît de plus en plus controversée voire menacée. Il ne s’agit pas ici d’un nouvel épisode à
inscrire dans la lignée des maîtres du soupçon, soucieux pour leur part de dénoncer les illusions et de démasquer les falsifications. La rupture d’aujourd’hui est infiniment plus radicale. Ce qui émerge désormais, c’est « la faiblesse du vrai »1 .
Après avoir examiné quelques thèses des maîtres du soupçon, nous aborderons la question de la vérité telle qu’elle se déploie dans trois sphères distinctes : la religion, l’éthique et la politique, et ceci à partir d’auteurs et d’extraits de textes divers, tels que Le gai savoir, La généalogie de la morale ou le Crépuscule des idoles de Nietzsche, Les Frères Karamazov de Dostoïevski, « Que signifie dire la vérité ? » de Dietrich Bonhoeffer, « Vérité et religion » de Gandhi, ou encore « Vérité et politique » de Hannah Arendt.
L’enjeu du séminaire est de montrer qu’il est possible de lutter contre le mensonge et la violence, à condition d’opérer des distinctions pour comprendre la complexité du réel, pour se réconcilier avec le monde tel qu’il est, pour partager un monde commun. Car c’est de la confusion et du refus des distinctions que naissent les credo meurtriers, les théories prêtes à porter, les idéologies totalitaires. Et, pour reprendre l’expression d’Arendt, « la seule chose qui peut nous aider, c’est de
réfléchir, penser de manière critique2 ». L’urgence d’une pensée soucieuse du vrai et du réel est plus grande que jamais.

1. M. Revault d’Allonnes, La faiblesse du vrai. Ce que la post-vérité fait à notre monde commun, Seuil, coll. « La couleur des idées », 2018.
2. Édifier un monde, p. 142-143.

Ouvert sur autorisation du directeur de cycle, formulaire à demander au secrétariat.

Avec :

Véronique ALBANEL

Docteur en philosophie, ancienne élève de l’ENA, professeur de philosophie au Centre Sèvres, maître de conférences à Sciences Po. Présidente de JRS France – Service Jésuite des Réfugiés. Recensions d’ouvrages pour la revue Etudes.

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