Trois lieux sacrés taoïstes

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Colloque : Trois lieux taoïstes sacrés en Chine

« Trois chemins pour gravir le Pic sacré du Sud, et la question de la « Nature » en Chine contemporaine »

Georges FAVRAUD, docteur en Anthropologie, directeur de l’Institut des arts chinois du corps, chercheur associé à l’IFRAE et au LISST-CAS

Il est aujourd’hui possible pour le pèlerin-touriste d’emprunter trois chemins et différents moyens de locomotion pour gravir le Pic du Sud, cette célèbre montagne qui marque rituellement la frontière Sud de l’empire chinois. Ces parcours nous proposent de forcer les contrastes, pour les besoins de l’analyse, entre trois conceptions politico-religieuses de la « Nature » :

  • marcher le long d’un torrent, dans un environnement sécurisé, romantique et féérique ;
  • emprunter des minibus au gpl et le téléphérique pour atteindre le sommet en ligne droite et admirer le paysage patrimonialisé d’une Chine éternelle ;
  • ou encore engager le corps, les souffles et l’esprit, de temple en autels, pour intercéder auprès d’une montagne divinisée qui gouverne le destin des personnes et des communautés.

 

“La puissance des lieux. Les temples taoïstes des Nuages pourpres 紫云宫 et du Reflet de la Lune 显月观 dans la région de Ziyang (Shaanxi, Chine centrale)”

Adeline HERROU, CNRS

Selon une ancienne croyance en Chine, les lieux sont dotés d’un caractère propre, auspicieux ou dangereux : c’est le principe du fengshui 风水 (une bonne ou mauvaise géomancie) et, dans certains cas comme pour les montagnes ou les temples, du lingqi 灵气 (présence d’un souffle divin). Qu’advient-il en cas de déplacement du temple ou de modification importante de son environnement ? Comment le fengshui et le lingqi sont-ils susceptibles de changer avec le temps ?

Cette intervention s’appuiera sur deux exemples : un petit temple taoïste ordinaire, dédié au dieu local des navigateurs, Siwang 泗王庙, à Ziyang dans la province du Shaanxi en Chine centrale. Ce temples a été « déménagé » dans la même ville avant la mise en production d’un barrage sur le Fleuve Han et transformé en temple des Nuages pourpres Ziyun gong 紫云宫. Le second exemple est celui d’un temple de montagne, le temple du Reflet de la Lune Xianyue guan 显月观, qui a été rendu à la communauté taoïste après avoir été transformé en école pendant une cinquantaine d’années.

La réflexion s’intéressera aux croyances et principes qui prévalent aux reconstructions de temples, en particulier à l’occasion de plans d’aménagement du territoire dans la Chine d’aujourd’hui. Dans une perspective anthropologique, la manière dont ont été vécues et pensées ces transformations s’avère particulièrement éclairante pour comprendre l’efficacité rituelle que l’on prête localement au temple, et la nécessité d’en anticiper les changements.

 

“Zhenwu, le Wudangshan et la Cité Interdite”

John LAGERWEY, directeur de l’Institut Ricci, professeur émérite à l’EPHE et à l’université chinoise de Hong Kong

Le Wudangshan dans le Hubei a une longue histoire avant de devenir le centre religio-politique de la Chine à l’époque Ming. En effet, c’est le même empereur, Yongle (r. 1403-24), qui bâtit la Cité Interdite à Pékin et la plupart des temples dédiés au dieu Zhenwu (Vrai Guerrier) sur le Wudangshan. Or, en haut du Wudangshan se trouve un lieu dont le nom, Cité Pourpre, est homophone du mot pour Cité Interdite. Pourquoi ?

 

georges favraud ricciGeorges FAVRAUD

Docteur en anthropologie et enseignant de savoirs incorporés du taoïsme. Il est directeur de l’Institut des arts chinois du corps (www.inacc.fr), dont l’objectif est de bâtir des ponts entre la recherche académique et le milieu associatif des pratiquants. Il enseigne la sinologie et l’anthropologie à l’Université Toulouse Jean Jaurès et mène des recherches, en association avec l’IFRAE et le LISST-CAS, sur les techniques du corps et de l’esprit, la culture martiale chinoise et le changement social contemporain.

Ouvert à tous.

Avec :
John Lagerwey 2021 portrait

John LAGERWEY

Docteur en lettres chinoises anciennes à Harvard (1975), M. Lagerwey a étudié ensuite avec les professeurs Kaltenmark et Schipper à l’École Pratique des Hautes Études (EPHE).

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Adeline HERROU

Ethnologue et sinologue. Par des recherches sur le monachisme taoïste, elle a abordé l’étude de la société chinoise d’aujourd’hui. Chercheure au CNRS, elle anime avec Anna Poujeau l’atelier « Figures de moines et autres ascètes ou renonçants » au LESC. Elle coordonne par ailleurs l’ANR Shifu « Vieux maîtres et nouvelles générations de spécialistes religieux en Chine aujourd’hui : ethnographie du quotidien et anthropologie du changement social ».

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Détails

Date de début:

samedi 19 juin 2021

Date de fin:

samedi 19 juin 2021

Horaires:

Samedi 19 juin 2021 de 9h à 13h

Nombre d'heures:

4h

Statut:

Présentiel ou distanciel au choix à l'inscription

Tarif:

25.00€

Cursus:

1er cycle