Sur l’humain et le divin dans les Tragiques grecs : Œdipe Roi de Sophocle et Les Bacchantes d’Euripide

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Comment comprendre qu’Œdipe, le seul à pouvoir résoudre l’énigme du sphinx, en soit venu à tuer son père et épouser sa mère sans le savoir ? Pourquoi Dionysos, ce dieu connu pour les bienfaits du vin, frappe-t-il Agavé d’un tel délire qu’elle tranche la tête de son fils sans le reconnaître ? Ces deux tragédies mettent en scène l’aveuglement, la transgression, les pulsions obscures liées au sang, à la malédiction, à des parentés funestes. À situer entre la narrativité du mythe et la discursivité philosophique, l’action tragique est une fiction littéraire qui confronte le spectateur à la dure réalité de sa condition humaine et soulève des interrogations irrésolues et irrésolubles sur le destin, la liberté, la culpabilité, le partage et les brouillages entre l’humain et le divin. Que les tragédies émanent toujours d’un sentiment tragique de l’existence humaine serait à vérifier.
Depuis leur création, Œdipe Roi et Les Bacchantes n’ont cessé de fasciner les esprits et de stimuler la pensée. Nietzsche s’en est nourri au moment où il élaborait sa distinction entre l’apollinien et le dionysiaque, Freud s’en est souvenu en découvrant ce qu’il appela dès lors ‘le complexe d’Œdipe’, René Girard s’en est emparé pour illustrer sa thèse sur les liens originaires entre la violence et le sacré et sur le rôle du bouc émissaire, et le cinéaste Pier Paolo Pasolini proposa en 1967 sa propre version d’Œdipe Roi. Le séminaire s’ouvrira à ces lectures modernes témoignant de la fécondité des œuvres antiques, mais il s’intéressera aussi aux commentaires d’hellénistes qui aident à situer les tragédies dans le contexte de la culture et de la religion de la Grèce antique.
Afin de faciliter nos échanges, les participants sont priés de se procurer les éditions suivantes, choisies pour la qualité de la traduction et des notes :
– Sophocle, Œdipe Roi (traduction par Daniel Loayza), GF Flammarion, 2015 ;
– Euripide, Les Bacchantes (traduction par Henri Grégoire et Jules Meunier, introduction de Jackie Pigeaud), Les Belles Lettres, 1998 (coll. Classiques en poche)

Quelques éléments de bibliographie :
Nietzsche, Introduction aux leçons sur l’Œdipe-Roi de Sophocle ; La naissance de la tragédie.
René Girard, La violence et le sacré, 1972.
Jean-Pierre Vernant et Pierre Vidal-Naquet, Mythe et tragédie en Grèce ancienne (2 volumes), 1972 et 1986.
Jean Bollack, ‘Le fils de l’homme. Le mythe freudien d’Œdipe’, dans La naissance d’Œdipe, 1995.

Ouvert sur autorisation du directeur de cycle, formulaire à demander au secrétariat.

Avec :

Jan KOENOT

Jésuite, ancien rédacteur en chef et actuel président du conseil d’administration de la revue Streven (Anvers). Etudes de philosophie à Bruxelles (UFSAL) et Münich (Hochschule für Philosophie, Philosophische Fakultät SJ), de théologie à Louvain (Katholieke Universiteit Leuven) et Paris (Centre Sèvres).

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