Quelle place pour la spiritualité dans le soin ? Attentes des patients et réponses des soignants en contexte de laïcité

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Et le mercredi 2 mai

Les progrès de la médecine ont conduit, dès la seconde guerre mondiale, à de grands succès thérapeutiques au risque de focaliser progressivement la relation médicale sur la seule efficacité des techniques biomédicales. En réaction, plusieurs mouvements ont cherché à développer une « médecine de la personne » ou à diffuser la nécessité d’un soin global de la personne en intégrant notamment sa « dimension spirituelle » non réductible à un système de croyances et de pratiques religieuses. Hors du cadre d’appartenance à une communauté religieuse confessant une croyance en un Dieu nommé, « la spiritualité » s’est ainsi distinguée de « la religion » comme un englobant capable de reprendre et réinterpréter certains de ses éléments symboliques et rituels.

Dans le monde anglo-saxon et dans plusieurs pays européens, la spiritualité a été intégrée au soin des patients au risque, parfois, de son instrumentalisation ou de sa réduction à une technique d’harmonie intérieure ou de bien-être.
En France, après une longue influence de la religion chrétienne dans l’institutionnalisation du soin, la sécularisation permet d’accueillir la spiritualité comme une manière de se rendre attentif aux attentes existentielles des malades, et de tenir compte de leurs « besoins spirituels » ou de leurs « attentes spirituelles » face à la maladie, la souffrance et la mort. La sécularisation laisse ainsi la place pour des spiritualités sans dieu, sans transcendance divine et sans religion.

Le cours présentera d’abord des repères historiques, puis des éléments d’analyse et d’évaluation des situations, discours et pratiques actuelles concernant les relations entre religion, spiritualité et médecine dans un contexte renouvelé d’interrogation sur l’organisation de la laïcité dans les institutions de soin.

1) Situation actuelle, problématisation, et brève histoire du rapport entre médecine, religions et spiritualités en Occident.
2) Émergence et développement la spiritualité dans le soin aux USA et au Canada, puis en Europe (Suisse, Allemagne, France), et synthèse des formes d’articulation entre soin médical et soin spirituel.
3) Quelques traditions spirituelles du soin en christianisme. Quelles ressources actuelles pour les soignants ?
4) Quelques spiritualités sans dieu et leurs influences dans le soin.
5) Laïcité française et prise en compte des religions et des spiritualités dans le soin : quelles articulations et quelles régulations nouvelles ?
6) Table ronde avec des soignants de différentes traditions spirituelles ou religieuses (bouddhiste, chrétien, musulman) : Religions et spiritualités : des ressources pour les soignants et pour l’accompagnement des patients ?

Bibliographie liminaire :

G. Jobin, Des religions à la spiritualité : Une approbation biomédicale du religieux dans l’hôpital, Bruxelles, Lumen Vitae, 2012, 106 pages
G. Jobin, J.-M. Charron et M. Nyabenda (dirs.), Spiritualités et biomédecine : enjeux d’une intégration, Laval, Presses de l’Université de Laval, 2013, 181 pages
D. Leboul et D. Jacquemin (dirs.), Spiritualité : interpellation et enjeux pour le soin et la médecine, Montpellier, Sauramps Médical, 2010, 189 pages.

ouvert à tous

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Avec :

Bruno SAINTÔT

Jésuite, DEA philosophie (Lyon III), DEA théologie (Centre Sèvres).  Maître assistant en philosophie, responsable du Département Ethique biomédicale. Recherches sur le lien entre anthropologie (philosophique et théologique) et éthique.

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