Poésie et incarnation

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La poésie souffre aujourd’hui de la réputation d’être désincarnée, vague, intemporelle. Pourtant, de tous les genres littéraires, elle est celui qui est le plus lié à notre propre corps : les mots y retrouvent leur valeur sensible, effacée dans l’usage quotidien (sonorité, longueur, rythme) et le vers nous rappelle que la parole est mesurée par le souffle. La poésie nous permet ainsi de retrouver le contact souvent perdu avec le monde de la sensation et d’approfondir nos expériences essentielles, celle de la rencontre, du rapport avec les éléments et les saisons, de la découverte de notre moi intime, expériences impliquant toujours le corps. « En lisant un roman, le lecteur ravi devient imaginairement un autre ou les autres. Le poème l’émeut mais le laisse en lui-même et plus intensément lui-même. « (Reverdy)
Mais le poète est libre : il peut aussi choisir de fuir l’incarnation qui est sa vocation et se réfugier dans un usage imaginaire ou purement discursif du langage.
C’est ce choix ou ce refus de l’incarnation que nous étudierons chez des poètes allant de la Renaissance à l’époque contemporaine, de Maurice Scève à Philippe Jaccottet.

Ouvert à tous.

Avec :

Jean-Pierre LEMAIRE

Poète, professeur émérite de lettres en classes préparatoires au lycée Henri IV et au lycée Sainte-Marie de Neuilly.

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