Philosophie de la connaissance

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Ce cours propose d’examiner les problèmes et les méthodes de la connaissance en se concentrant sur les rapports qu’elle entretient avec la science, la croyance et l’action au sein de la philosophie contemporaine. Il s’emploie toutefois à montrer quelles sont l’origine et l’évolution de ces questions dans l’histoire de la philosophie occidentale, et quelles sont leurs manifestations dans les différents domaines du savoir, de la science à la vie quotidienne.

En premier lieu, la philosophie de la connaissance peut être présentée de façon synchronique comme un ensemble de problèmes. Ceux-ci vont du rapport entre logique et empirie à la production de théories et à leurs liens avec les techniques et les pratiques. Pour n’en citer que quelques-uns : l’usage de concepts, d’expériences et d’inférences, l’explication par les causes et la prédiction d’effets, l’édification de lois et leurs relations aux cas, la justification des énoncés, l’évolution et la révision des connaissances et des croyances, la différence entre connaissance scientifique, morale et ordinaire, l’application des connaissances en vue de l’action, etc.

En second lieu, la philosophie de la connaissance peut être présentée de façon plus diachronique comme un ensemble de méthodes, souvent tenues, du reste, pour des voies de définition et de solution de ces problèmes. Celles-ci connaissent une évolution qui va de l’opposition ancienne entre Sceptiques et Dogmatiques au conflit moderne entre empirisme et rationalisme. C’est de là que surgit la Critique de Kant, qui insiste sur les conditions et les limites de la connaissance à partir de la distinction entre a priori et a posteriori.

Avec le tournant linguistique, la philosophie analytique en vient à se cristalliser sur le fameux problème de Gettier de la justification épistémique, soit la définition de la connaissance comme « croyance vraie justifiée » (Platon, Théétète). Parallèlement, le tournant pragmatique, qui préfigure en comparaison une philosophie ‘synthétique’, fait le lien entre la connaissance et l’action dans le processus d’enquête. Cette approche de la connaissance donne un nouveau cadre au problème de Gettier, plus orienté vers les actes, les vertus ou les normes épistémiques.
C’est en fin de compte une autre façon de poser le problème des conditions et des limites de la connaissance qui émerge en philosophie. Au-delà de la classique relation épistémico-technique (« savoir/faire »), il est question d’une part, de la relation épistémico-politique (« savoir/pouvoir ») et, d’autre part, de la relation épistémico-éthique (« savoir/devoir »).

Le cours s’appuiera sur la présentation de quelques textes fondateurs de la philosophie de la connaissance (notamment Platon, Aristote, Hume, Kant, Russell, Husserl, Dewey, Popper, Kuhn…). Il fera une place à des exemples empruntés à l’histoire des sciences, des arts et des métiers, ou tirés des connaissances, des actions et des enquêtes ordinaires.

ouvert à tous

Avec :

Sylvain LAVELLE

docteur en philosophie (Paris-Sorbonne), enseignant de philosophie à l’ICAM Paris-Sénart, directeur du Centre Ethique, Technique et Société de l’ICAM, chercheur associé à un laboratoire de l’école des Hautes études en Sciences Sociales (GSPR), membre du comité scientifique de la revue Philosophy and Technology, du comité éditorial de la revue Participations et du conseil scientifique du GIS « Participation, décision démocratie participative ».

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