Mal et salut selon Augustin

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D’où vient que nous agissons mal ? Cette question a conduit Augustin, tout jeune encore, à adhérer au manichéisme où il a cru trouver une réponse satisfaisante ; elle est également, bien des années plus tard, au centre de son débat avec les pélagiens. La question est indissociable, pour Augustin, de celle du salut : lors de sa conversion, il a fait l’expérience d’avoir été libéré de la servitude du péché par la grâce du Christ. Cette expérience de la grâce qui libère est le foyer à partir duquel s’éclaire la cohérence de sa pensée.
Nous étudierons une œuvre de jeunesse, La vraie religion, dans lequel Augustin s’oppose aux manichéens, et un traité de la période antipélagienne, La grâce du Christ et le péché originel ; la lecture de Commentaires sur les Psaumes complètera cette approche et permettra de voir comment il aborde la question dans sa prédication.
Dans le traité de La vraie religion, rédigé en 390, peu après sa conversion, Augustin s’interroge sur la nature du mal, sur les conditions de la victoire sur le mal, mais aussi sur le rôle de la foi et de la raison dans le retour de l’homme à Dieu. L’ouvrage souligne le rôle central du Christ dans la libération du péché et annonce déjà, à plus d’un titre, la Cité de Dieu.
Dans La grâce du Christ et le péché originel, un traité rédigé à Carthage en 418, Augustin dénonce l’équivoque des déclarations d’orthodoxie de Pélage : la grâce n’est pas seulement le pouvoir de vouloir et d’agir qui nous a été donné par Dieu, elle est le don de l’Esprit Saint qui répand la charité dans le cœur de l’homme et le fait ainsi vouloir et agir ; de même, il faut affirmer, contre Pélage, la transmission du péché originel, car, en la niant, on met en cause la médiation universelle du Christ.
Dans les Commentaires des Psaumes 61, 68 et 70, qui datent de la période antipélagienne, Augustin comprend les paroles du psalmiste comme dites par le Christ total, Tête et Corps : c’est en figurant ses membres et en les transformant en lui que le Christ les arrache au pouvoir du mal.

Bibliographie :
Augustin, La vraie religion, trad. par J. Pegon, BA 8, Paris, 1951.
Augustin, La grâce du Christ et le péché originel, trad. par H. Chirat et J. Plagnieux, BA 22, Paris, 1975.
Augustin, Commentaires sur les Psaumes 61, 68, 70, trad. par M. Vincent, Paris, Librairie Vivès, t. 13, 1871.

Ouvert sur autorisation du directeur de cycle, formulaire à demander au secrétariat.

Avec :

Isabelle BOCHET

Membre de la communauté apostolique Saint-François-Xavier, titulaire d’une maîtrise en théologie, agrégée de philosophie, docteur de 3e cycle en philosophie, HDR, professeur et doyen de la Faculté de philosophie, chercheur au CNRS (Laboratoire d’Études sur les Monothéismes), membre du comité scientifique de la Bibliothèque Augustinienne, du comité de lecture de la Revue d’Études Augustiniennes et Patristiques, du comité d’édition de l’Augustinus-Lexikon, du comité de rédaction des Archives de philosophie.

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