L’utopie, réactiver l’imagination – session de rentrée

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Il y a tout juste cinq cents ans, Thomas MORE publia un petit ouvrage intitulé Utopia. Partant d’une analyse lucide des travers de son époque, l’humaniste anglais imagina une société différente dont l’organisation politique, sociale, économique et religieuse inverse point par point les fausses valeurs et perversions qui règnent dans les États établis. L’anniversaire de cet opuscule géant par son contenu offre l’occasion de réfléchir à la pertinence d’une pensée utopique aujourd’hui. Écrasés par les mécanismes anonymes qui déterminent notre quotidien à tous les niveaux, nous sommes enclins à nous laisser enfermer dans des déterminismes que nous ne contrôlons plus. Aveuglés par l’attrait des produits de consommation et de communication dont les images chatoyantes envahissent nos esprits, nous avons de la peine à reconnaître la brutalité et l’injustice d’un ordre économique et financier qui ne profite qu’à une minorité de privilégiés et contribue à l’émergence de conflits, de guerres et d’une rage souterraine propre à susciter des actes de violence, voire de terrorisme. Comment résister ? Une pensée utopique ne pourrait-elle pas offrir une ressource possible, puisqu’il appartient à une telle pensée d’éduquer à un esprit critique ? L’utopie ne se satisfait pas de dénoncer les errements. Elle imagine une société autre et combat ainsi le fatalisme : notre monde pourrait être différent, meilleur et plus humain qu’il ne l’est. Certes, un modèle utopique ne fournit pas de solution immédiate. Un projet utopique n’est pas un programme idéologique ni un plan quinquennal. Mais il libère de nouvelles énergies et engage à la conversion. L’imagination utopique est une médiation aussi nécessaire que le rêve. L’un et l’autre sont des exercices de travail critique et créatif dans l’espace libre qu’est l’entre-deux entre le réel et la fiction, en vue d’un retour au réel pour le transformer. La pensée utopique témoigne ainsi d’un véritable travail de l’esprit qui, alliant à l’analyse rationnelle du présent une imagination porteuse d’avenir, affirme la liberté humaine, nourrit l’espérance et pousse à l’action.

II y a tout juste cinq cents ans, Thomas More publia un petit ouvrage intitulé Utopia. Partant d’une analyse lucide des travers de son époque, l’humaniste anglais imagina une société différente dont l’organisation politique, sociale, économique et religieuse inverse point par point les fausses valeurs et perversions qui règnent dans les États établis.

L’anniversaire de cet opuscule, géant par son contenu, offre l’occasion de réfléchir à la pertinence d’une pensée utopique aujourd’hui. Écrasés par les mécanismes anonymes qui déterminent notre quotidien à tous les niveaux, nous sommes enclins à nous laisser enfermer dans des déterminismes que nous ne contrôlons plus. Aveuglés par l’attrait des produits de consommation et de communication dont les images chatoyantes envahissent nos esprits, nous avons de la peine à reconnaître la brutalité et l’injustice d’un ordre économique et financier qui ne profite qu’à une minorité de privilégiés et contribue à l’émergence de conflits, de guerres et d’une rage souterraine propre à susciter des actes de violence, voire de terrorisme.

Comment résister ? Une pensée utopique ne pourrait-elle pas offrir une ressource possible, puisqu’il appartient à une telle pensée d’éduquer à un esprit critique ? L’utopie ne se satisfait pas de dénoncer les errements. Elle imagine une société autre et combat ainsi le fatalisme : notre monde pourrait être différent, meilleur et plus humain qu’il ne l’est. Certes, un modèle utopique ne fournit pas de solution immédiate. Un projet utopique n’est pas un programme idéologique ni un plan quinquennal. Mais il libère de nouvelles énergies et engage à la conversion. L’imagination utopique est une médiation aussi nécessaire que le rêve. L’un et l’autre sont des exercices de travail critique et créatif dans l’espace libre qu’est l’entre-deux entre le réel et la fiction, en vue d’un retour au réel pour le transformer. La pensée utopique témoigne ainsi d’un véritable travail de l’esprit qui, alliant à l’analyse rationnelle du présent une imagination porteuse d’avenir, affirme la liberté humaine, nourrit l’espérance et pousse à l’action.

Sous la direction de :
– Guilhem CAUSSE,
– Patrick GOUJON,
– Jan KOENOT

Les horaires et les intervenants sont dans le tract à télécharger.

ouverts "sur autorisation" du directeur (il faut faire une demande écrite présentant ces motivation), formulaire à demander au secrétariat

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Avec :

Guilhem CAUSSE

Jésuite, docteur en philosophie, maître de conférences en philosophie. Doyen de la Faculté de Philosophie du Centre Sèvres.

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Jan KOENOT

Jésuite, ancien rédacteur en chef et actuel président du conseil d’administration de la revue Streven (Anvers). Etudes de philosophie à Bruxelles (UFSAL) et Münich (Hochschule für Philosophie, Philosophische Fakultät SJ), de théologie à Louvain (Katholieke Universiteit Leuven) et Paris (Centre Sèvres).

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Patrick GOUJON

Jésuite, professeur en théologie spirituelle et dogmatique, docteur en histoire (EHESS) et en théologie (Centre Sèvres), conseiller à la revue Études, directeur du 1er cycle. Enseignant invité à l’EHESS.

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