Lire l’Éthique à Nicomaque d’Aristote

#
Chargement Événements

Nous proposons dans ce cours un exercice de lecture et d’explication d’un des textes majeurs de la pensée occidentale : l’Éthique à Nicomaque d’Aristote. Cette étude porte sur la première éthique de la philosophie thématiquement élaborée comme telle. À ce titre, elle détient une valeur d’origine qui mérite toute notre attention, non seulement parce qu’elle advient au début de la philosophie morale, mais aussi parce qu’elle féconde encore et toujours la réflexion des hommes sur le sens de l’action et les règles qui doivent la conduire. Originelle, l’Éthique à Nicomaque est donc aussi originaire par ses capacités génératrices de pensées nouvelles. La philosophie arabo-musulmane du XIIe siècle et la scolastique du XIIIe siècle la commenteront – Thomas d’Aquin considérera même que ses principes font autorité – et des philosophes contemporains comme Heidegger, Hannah Arendt, Léo Strauss ou Paul Ricœur, dans une grande diversité d’orientations intellectuelles, intégreront à leurs analyses une référence fréquente et fructueuse à cette œuvre d’Aristote. À l’occasion de notre lecture, en nous appuyant toujours sur le texte, nous évoquerons donc les noms et les pensées de ceux pour qui la philosophie d’Aristote – et non exclusivement sa philosophie morale – mérite d’y revenir sans cesse, non pour la répéter, mais pour se laisser inspirer par la force incomparable de ses intuitions.

Composée de dix livres, l’Éthique à Nicomaque cherche à répondre à une question essentielle, déterminante de toute éthique : au regard de la vie humaine, brève et fragile, quel est pour nous le « bien vivre » ? Aristote le nomme et le définit dans le premier livre, juge que la vertu en est une condition nécessaire dans le second et, enfin, dans le dernier livre, revient sur le « bien vivre » pour encore l’étudier et en parachever le sens. Notre lecture privilégiera donc les livres I, II et X, sans exclure, à l’occasion, quelques citations des autres.

Soucieux de montrer que ce texte continue d’éclairer l’intelligence, particulièrement à notre époque que marque l’urgence de la réflexion éthique, nous essaierons de faire honneur au célèbre et sage conseil de Hegel : « Si l’on reconnaissait à la philosophie son sérieux, alors rien ne serait plus digne que de faire cours sur Aristote. »

Ouvert à tous.

Avec :

Philippe COURNARIE

Philippe Cournarie est professeur de philosophie en Lycée et Classes Préparatoires depuis de nombreuses années. Il est directeur de la revue « Franklin » au lycée Saint-Louis de Gonzague à Paris.

Voir son profil