Le langage de la Science chez Teilhard de Chardin

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Dans nos séminaires précédents consacrés à l’énergie, l’épistémologie, l’esprit/matière et à la phénoménologie nous avons à chaque fois eu à faire au langage scientifique utilisé par Teilhard pour traduire et communiquer ses intuitions mystiques fondées sur l’interprétation qu’il faisait de la science de son époque. Dans son journal intime, années 1953-54, il nous parle du « salut par la Science », il nous dit que « les mathématiques sont devenues un Sens de plus pour percevoir l’infime et l’immense », il nous dit aussi de « Fuir le concordisme scientifique ; Fuir le dualisme Esprit/Matière … ». Dans ses derniers écrits rédigés à New York nous assistons à sa découverte du langage de la cybernétique, créé sous l’impulsion de Norbert Wiener, dont il comprend immédiatement l’importance pour une formulation plus claire de ses idées largement incomprises de son vivant et de ses contemporains, en particulier celle d’un « Christ toujours plus grand ».

Entre 1955 et maintenant, plusieurs évolutions majeures se sont produites dans l’Eglise Catholique, et au premier chef le Concile Vatican II qui d’une certaine façon entérine une vision teilhardienne de l’humanité et de son devenir, dans les Constitutions Dei verbum, Gaudium et spes, Lumen gentium. Les Papes de l’après Concile, Jean-Paul II, Benoît XVI et François iront au bout de cette logique qui fait de l’évolution « plus qu’une hypothèse ». Dans un discours à l’Académie Pontificale, Jean-Paul II fera de la complexité un tournant de même ampleur que celui opéré par Galilée faisant des mathématiques de son temps – essentiellement la géométrie – le langage dans lequel est écrit le « grand livre de la nature », celui dont il est question dans Dei verbum qui remet le Christ au centre du mystère chrétien. L’encyclique Fides et ratio expliquera de façon particulièrement incisive pourquoi et comment il nous faut réarticuler le langage de la Foi et celui de la Raison. François, dans Loué sois-tu, mettra au premier plan la logique du « Tout est lié » comme principe de « sauvegarde de la maison commune ». Tous ces thèmes sont par essence teilhardiens. Nous nous intéresserons donc, en nous mettant dans les pas de Teilhard, au langage du grand livre de la nature, à sa grammaire, non pas sous l’angle technique, mais sous celui du langage, au sens le plus fort du terme, en tant qu’instrument de découverte de ce qui doit être compris, et de moyen de communication de ce qu’il nous faut partager pour rendre vivable la maison commune.

Nous y retrouverons John Henry Newman et sa Grammaire de l’assentiment. Nous y rencontrerons quelques figures marquantes de la science du 20ème siècle comme John von Neumann que Teilhard a croisé dans son dernier grand colloque scientifique à Columbia : Unity of science, ou Alexandre Grothendieck dans ses écrits Récoltes et semailles et La clé des songes où il nous parle de Teilhard, et aussi du mathématicien converti Marcel Légaut avec lequel Teilhard a collaboré au cours des années 1930, enfin du théologien jésuite américain devenu cardinal, Avery Dulles, qui fut le premier théologien à appliquer la théorie des modèles à la théologie.

Strictement réservé aux étudiants inscrits en cycle diplômant.

Avec :

Jacques PRINTZ

Professeur émérite du Conservatoire national des Arts et Métiers (chaire de génie logiciel), fondateur du Centre de maîtrise des Systèmes et du Logiciel.

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