La pensée apocalyptique comme outil d’analyse

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Apocalypse est un mot commode pour parler des catastrophes redoutées, surtout lorsque celles-ci, par leur ampleur prévisible, font planer le spectre d’un effondrement de nos sociétés. Le mot évoque la fin des temps, mais il peut aussi être entendu, en accord avec l’étymologie, dans le sens de dévoilement ou de révélation. Comprise de cette manière, la pensée apocalyptique peut être utilisée comme une grille d’analyse socio-historique et de prospective.

L’idée fondamentale qui la sous-tend est que le processus de civilisation a toujours été le résultat non programmé de réponses apportées en situation à des événements imprévus et souvent dramatiques et à l’apparition de nouvelles formes contraignantes d’interdépendance sociale. Des innovations culturelles et des formes inédites de contrôle social et d’endiguement de la violence émergent souvent dans de telles circonstances. La crise sanitaire que nous venons de connaître et la perspective de catastrophes écologiques que beaucoup considèrent comme inéluctables confèrent une grande actualité à cette manière d’interpréter l’histoire et de se projeter dans l’avenir.

Le cours développe cette thématique selon plusieurs axes :
– Psycho-sociologie de la catastrophe et du « cygne noir » (fait imprévisible qui change le cours de l’histoire). Pourquoi les sociétés se révèlent peu capables de prendre en compte les « signaux faibles » qui annoncent des événements perturbateurs n’entrant pas dans les cadres de pensée dominants. Comment ces événements imprévus suscitent souvent des innovations sociales et culturelles, voire spirituelles, majeures.
– Analyse socio-historique croisant les travaux de Norbert Elias sur le processus de civilisation avec ceux de René Girard sur l’origine de la culture et le rôle de la violence dans l’évolution des sociétés. Ces deux auteurs partagent une vision événementielle de l’histoire humaine soulignant le défi majeur qu’a toujours constitué l’accroissement des interdépendances sociales.
– Philosophie de l’événement et de la nouveauté, avec des aperçus théologiques.
– Réflexions sur la crise sanitaire et sur le problème de l’action politique face aux menaces écologiques.

Bibliographie
· Bernard Perret Politique de l’apocalypse, Desclée de Brouwer 2020 et La logique de l’espérance, Presses de la Renaissance 2006
· Jean-Pierre Dupuy, Pour un catastrophisme éclairé, Seuil 2002.
· Norbert Elias, La dynamique de l’occident, Calmann-Lévy 1975
· Pablo Servigne et Raphael Sivens, Comment tout peut s’effondrer. Manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes, Seuil 2015
· René Girard, Les origines de la culture, Desclée de Brouwer 2004
· Paul Ricoeur, Temps et récit, Seuil 1985.

Ouvert à tous.

Avec :
PERRET Bernard enseignant centre sevres

Bernard PERRET

Essayiste et consultant. Économiste et ingénieur de formation, il a exercé diverses fonctions dans l'administration jusqu'en 2016, notamment à l'inspection générale du ministère de l'écologie.

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