La peinture chinoise, le rêve et la nuit.

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La peinture chinoise, le rêve et la nuit. 

Le cours « la peinture chinoise, le rêve et la nuit » examinera les thèmes picturaux liés à la nuit, à partir de la mise en regard de textes et d’œuvres picturales. Alors que la peinture chinoise de « nocturnes » ne présente aucune différence formelle avec la peinture de scènes diurnes, elle occupe néanmoins une place importante en raison de ses significations philosophiques, esthétiques, sociales et anthropologiques.

La nuit est en effet avant tout associée à l’astre de la lune, et aux valeurs que celle-ci véhicule : la lune marque la pureté, la solitude, la quête de vertu ou d’érémitisme, mais aussi la vacuité et l’impermanence.

Ensuite, un certain nombre d’activités fondamentales dans la culture chinoise sont liées à la nuit, comme par exemple l’abnégation dans les études, l’appréciation des fleurs de prunus en cœur de l’hiver, le guet du mascaret, ou encore les relations avec les fantômes et esprits qui occupent une grande part de la littérature officielle. Ces activités se retrouvent dans les peintures aussi bien de la cour que populaires ; leur portée sera examinée à l’aune de textes issus de la tradition lettrée, souvent critiques à l’égard des superstitions nocturnes. Enfin, ce sont les rêves qui seront examinés, or ces derniers ne sont pas nécessairement nocturnes. Les progrès extraordinaires en art des plus grands artistes de la tradition chinoise, comme le célèbre Shitao (1642-1707), sont en effet associés à des rêves. Mais selon le philosophe Zhuangzi (dates traditionnelles : 369-286 avant J.-C.), « Seuls les sots croient qu’ils sont éveillés » : dans « le rêve du papillon », Zhuangzi se réveillant après un somme ne sait plus s’il est Zhuangzi ayant rêvé du papillon, ou le papillon ayant rêvé de Zhuangzi.

Cet apologue pose alors des questions sur la réalité de nos perceptions et sur la mutabilité de l’existence.

Le cours sera accompagné de projections ; il n’exige aucune compétence particulière ni en chinois ni en art.

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Ouvert à tous.

Avec :

Yolaine ESCANDE

Directrice de recherche au CNRS, au Centre de recherches sur les arts et le langage (CRAL, EHESS, Paris). Son domaine de recherche porte sur les arts chinois, calligraphie et peinture, dont elle étudie les interactions artistiques, philosophiques, esthétiques, culturelles avec l’art occidental. Elle donne un séminaire au musée du Quai Branly

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