La musique religieuse au risque de l’émotion

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Session à Chartres

On attend d’une quête spirituelle authentique qu’elle mobilise toutes les facultés intérieures jusqu’à retentir dans le tréfonds de l’être. Sur ces chemins de l’intériorité, la musique joue un rôle de premier plan. Cependant la quête spirituelle ne peut éviter la rencontre de l’altérité radicale de Dieu qui conduit toujours au-delà de ce qu’on peut concevoir, imaginer ou sentir. Sur les chemins de l’expérience religieuse la musique est-elle donc une aide ou un obstacle ? L’émotion qu’elle provoque est-elle recherchée ou suspectée ?

Pour tenter d’éclairer ces questions, nous prendrons comme référence Bach et Stravinsky car l’un et l’autre, à des époques et dans des contextes religieux fort différents, se sont révélés des musiciens particulièrement lucides sur les enjeux théologiques et spirituels de leurs options stylistiques et assez libres par rapport aux sensibilités religieuses de leur contemporain, pour prendre position dans les conflits qu’ils rencontraient.

Bach disait qu’il « s’était toujours donné comme but d’exécuter avec plaisir une musique sacrée bien réglée à la gloire de Dieu ». La « musique bien réglée » est celle qui parvient à garder le juste équilibre entre la proposition d’un ordre structuré illuminant l’intelligence et le retentissement affectif qui touche le cœur jusqu’à l’embraser dans l’amour. Stravinsky chercha quant à lui, dans une ligne augustinienne, à « instituer un ordre entre l’homme et le temps » et pour cela « construire un ordre » qui « réalise le présent en l’homme » et lui donne d’éprouver « une émotion n’ayant rien de commun avec les sensations courantes et nos réactions dues à des impressions de la vie quotidienne ».

Développer ces deux approches permettra de préciser la question de la place de l’émotion dans la musique religieuse, question qui, à travers l’histoire et jusqu’à aujourd’hui, n’a cessé d’appeler un discernement tant musical que théologique, et trouve un éclairage décisif dans la tradition mystique.

Renseignements et inscription auprès de Chartres : studium.chemin-neuf.fr

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Ouvert à tous.

Avec :

Philippe CHARRU

Jésuite, responsable du département Esthétique. Prix d’orgue et premier prix d’analyse musicale au Conservatoire national supérieur de musique de Paris.

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