La foi selon saint Augustin

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7 octobre au 20 janvier + le jeudi 12 novembre

Après avoir été dissuadé de croire par les manichéens, Augustin a été tenté par le scepticisme : il a donc expérimenté qu’il ne va nullement de soi de croire. Aussi a-til donné une place importante dans son oeuvre à la réflexion sur le « croire » : est-il légitime et utile de croire ? y a-t-il une spécificité de la foi chrétienne ? comment la foi s’articule-t-elle avec la raison ? est-elle en notre pouvoir ?
Nous verrons d’abord pourquoi il est nécessaire de croire. Dès 391, dans son traité sur L’utilité de croire, Augustin réfute les objections des manichéens contre la foi et montre, de façon générale, le rôle du « croire » dans toute existence humaine. Dans le Sermon Dolbeau 25, prêché durant l’hiver 403-404, en présence de païens, il décrit la foi comme un remède qui guérit l’oeil du coeur afin de le rendre capable de voir Dieu.
Nous préciserons ensuite le lien entre la foi et les oeuvres. Dans le contexte de la controverse antidonatiste, en 407, Augustin souligne, dans sa 10e Homélie sur la première épître de Jean, que la foi propre au chrétien est indissociable de l’amour et qu’elle doit s’incarner dans des actes. Le traité sur La foi et les oeuvres, rédigé en 413, répond à certains qui dissociaient la foi et les oeuvres, au point d’affirmer qu’on ne pouvait être sauvé sans la foi, mais qu’on pouvait l’être sans les oeuvres ; Augustin y examine ce qui est requis des candidats au baptême.
Dans un troisième temps, nous étudierons le rapport entre foi et raison à partir de deux lettres : la Lettre 147 à Pauline, sur la vision de Dieu, et la Lettre 120 à Consentius.
Nous nous interrogerons enfin sur le rôle de la grâce et du libre arbitre au principe de l’acte de foi, à partir de la fin du traité sur L’Esprit et la lettre, rédigé en 412, au début de la controverse antipélagienne ; quelques Homélies sur l’Évangile de Jean, prêchées en 414, permettront de saisir concrètement comment l’homme accède à la foi.
Pour conclure, nous étudierons le Sermon Dolbeau 19, prêché fin 414 ou peu après, dans lequel Augustin introduit la distinction, qui deviendra classique au Moyen Age, entre credere Christum, credere Christo et credere in Christum : le propre de la foi du chrétien, c’est de « croire dans le Christ », c’est-à-dire de l’aimer en croyant et en se laissant incorporer à lui. Le séminaire proposera donc un parcours de l’oeuvre d’Augustin dans sa dimension philosophique et théologique et rendra sensible à l’élaboration progressive de sa réflexion sur la foi.

Ouvert sur autorisation du directeur de cycle, formulaire à demander au secrétariat.

Avec :

Isabelle BOCHET

Membre de la communauté apostolique Saint-François-Xavier, titulaire d’une maîtrise en théologie, agrégée de philosophie, docteur de 3e cycle en philosophie, HDR, professeur et doyen de la Faculté de philosophie, chercheur au CNRS (Laboratoire d’Études sur les Monothéismes), membre du comité scientifique de la Bibliothèque Augustinienne, du comité de lecture de la Revue d’Études Augustiniennes et Patristiques, du comité d’édition de l’Augustinus-Lexikon, du comité de rédaction des Archives de philosophie.

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