La conversion II : une mésaventure ou un passage ?

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Le fait de la conversion religieuse est massif ; et repérable, dûment constaté et documenté. Moins en quête d’explications qui invoqueraient le principe de causalité (qu’est-ce donc qui suscite un tel phénomène, production naturelle ou intervention surnaturelle ?) et pour ce faire, convoqueraient les sciences humaines (psychologie, psychanalyse, sociologie) que d’une description phénoménologique, nous considérerons le fait comme un événement dans le cours d’une vie, dans la longue durée, précédé d’antécédents (qui l’auront éventuellement favorablement préparé) mais surtout suivi de conséquences : cette manifestation d’une Altérité (généralement désignée comme « Dieu ») qui dépasse celui (ou celle) qui en bénéficie et en est l’acteur en même temps que la cible, provoque un bouleversement, pas forcément explicitement désiré ni programmé, inattendu en tout cas. Ce que cet événement va – lentement peut-être – susciter de modifications dans le comportement comme dans la vision du monde et de l’histoire, atteste d’une valeur ajoutée. Peut-on dès lors assimiler ce que tous peuvent constater, le sujet lui-même comme son entourage, comme la simple réaction d’un/à un état psychique, délabré ou désorienté ou souffrant d’un pénible inconfort. (même si on peut s’accorder, avec J. Kristeva, sur l’évidence d’un « incroyable besoin de croire ») ?

Car l’enjeu est ailleurs : la « conversion » n’est qu’une première étape, ce qui compte, c’est la « seconde conversion », dans laquelle, pour reprendre l’expression du P. Lallemant, on franchit le pas : « Dans la première conversion, l’on ne cède que l’usufruit, dans la seconde, on cède la propriété de son âme ; dans l’une, les fleurs et les fruits, dans l’autre, l’arbre tout entier. »

Ce parcours fait suite au cours de l’année passée sur la Conversion : une aventure ?
Il n’est pas nécessaire d’avoir participé à celui-ci pour entreprendre celui-là.

ouvert à tous

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Avec :

François MARXER

Doctorat conjoint Institut Catholique de Paris – Paris IV Sorbonne, élève de Jacques Le Brun à l’EPHE. Enseigne l’Histoire de la spiritualité et la théologie spirituelle. Prêtre au service pastoral des paroisses de Rueil-Malmaison

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