Introduction à la pensée d’Albert Camus

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Il y a 60 ans, Albert Camus mourait, à l’âge de 46 ans. La cohérence de sa vie, de son œuvre et de ses engagements nous enseigne aujourd’hui comme hier à nous « forger un art de vivre par temps de catastrophe, pour naître une seconde fois, et lutter ensuite, à visage découvert, contre l’instinct de mort à l’œuvre dans notre histoire ».

Passionné de justice et de vérité, amoureux de la beauté et de la vie, Camus refuse les idéologies, le mensonge et la servitude.
À sa suite, nous pouvons apprendre à vivre sans nous résigner et considérer que si « chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde (la nôtre) sait pourtant qu’elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse. Héritière d’une histoire corrompue où se mêlent les révolutions déchues, les techniques devenues folles, les dieux morts et les idéologies exténuées, où de médiocres pouvoirs peuvent aujourd’hui tout détruire mais ne savent plus convaincre, où l’intelligence s’est abaissée jusqu’à se faire la servante de la haine et de l’oppression, cette génération a dû, en elle-même et autour d’elle, restaurer, à partir de ses seules négations, un peu de ce qui fait la dignité de vivre et de mourir. »

Pour entrer dans l’œuvre de Camus, nous suivrons les indications de l’auteur lui-même : « Je voulais d’abord exprimer la négation. Sous trois formes. Romanesque : ce fut L’étranger. Dramatique : Caligula. Le malentendu. Idéologique : Le mythe de Sisyphe. Je prévoyais le positif sous trois formes encore. Romanesque : La peste. Dramatique : L’état de siège et Les justes. Idéologique : L’homme révolté. J’entrevoyais déjà une troisième couche autour de l’amour. ». Ces trois temps – de l’absurde, de la révolte et de l’amour – et ces œuvres nous serviront de guides.

Bibliographie :
Le mythe de Sisyphe. Essai sur l’absurde, Gallimard, coll. « Folio/Essais », 1942.
L’homme révolté, Gallimard NRF, 1951.

Ouvert à tous.

Avec :

Véronique ALBANEL

Docteur en philosophie, ancienne élève de l’ENA, professeur de philosophie au Centre Sèvres, maître de conférences à Sciences Po. Présidente de JRS France – Service Jésuite des Réfugiés. Recensions d’ouvrages pour la revue Etudes.

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