Gaïa face à la théologie – colloque

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Gaïa face à la théologie.
L’enjeu religieux de la mutation climatique.


Ce colloque propose de réfléchir aux manières dont la théologie ainsi que la politique, la science peuvent faire face à Gaïa. Il est organisé en partenariat avec le Collège des Bernardins et l’Institut Catholique de Paris.

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La mutation climatique oblige à prendre en compte une transformation profonde dans les rapports avec la Terre. Cette transformation est résumée dans la figure énigmatique de Gaïa, expression qui renvoie à la fois à de nouvelles sciences de la Terre et de nouveaux mythes. Jusqu’ici, la religion chrétienne, formée à une époque qui ignorait encore cette mutation largement causée par l’activité humaine, n’a pas encore mesuré l’immensité des enjeux. L’encyclique du Pape François Laudato Si’ a certes joué un rôle d’éveil et d’alerte.

Le but de ce colloque est de laisser la figure nouvelle de Gaïa ébranler autant que possible les formes d’expression de la religion. Il porte autant sur la science du système Terre que sur la mythologie, l’exégèse et la politique.

L’originalité des deux journées sera de combiner des conférences par les meilleur.e.s spécialistes du sujet, des ateliers d’écriture et une conférence-spectacle par Bruno Latour.

Des conférences par les meilleur.e.s spécialistes du sujet 

François Euvé, théologien, directeur de la Revue Etudes, Centre Sèvres
Émilie Hache, philosophe ; maitresse de conférences, Université Paris Nanterre ; chercheuse associée au Groupe d’études constructivistes (GECo), Université libre de Bruxelles
Tim Howles, théologien, Université d’Oxford
Bruno Karsenti, philosophe des sciences sociales ; directeur d’études, EHESS
Bruno Latour, philosophe, sociologue, anthropologue et co-responsable du séminaire Les sources de l’insensibilité écologique du Collège des Bernardins
Tim Lenton, professeur au sein du Earth system science, Université d’East Anglia, Angleterre
Jean-Louis Souletie, directeur de la faculté de théologie et de sciences religieuses, Institut Catholique de Paris
Isabelle Stengers, philosophe, professeur de philosophie des sciences, Université libre de Bruxelles
Eduardo Viveiros de Castro, anthropologue, enseignant, Musée National, Rio de Janeiro

Des ateliers d’écriture :

Ils sont un modèle maintenant bien connu pour permettre aux intervenants, avec l’aide d’un(e) spécialiste, d’explorer de nouvelles formes d’expression. L’irruption de Gaïa oblige à de profondes modifications dans les métaphores qui servent depuis toujours à l’expression de relations entre le ciel, la terre, la vie, l’enfer, l’avenir, le salut, l’éternité etc. Ces relations sont exprimées de mille façons dans les psaumes, prières, cantiques, rituels, mais aussi dans l’ancrage territorial des églises et des collectifs humains. Il est difficile de les modifier pour les mettre à l’unisson de la mutation climatique par de simples conférences. Il est intéressant de mettre en pratique collectivement des tentatives quitte à se tromper et à tout reprendre. Ce que les ateliers du colloque vont permettre.

Une conférence – Spectacle

« MOVING EARTHS »
Par Bruno Latour.
Mise en scène Frédérique Aït-Touati.

Projet avec le soutien de la Fondation Carasso et la participation du DICRéAM

L’affaire Galilée a ébranlé les anciennes visions du monde, la même chose arrive aujourd’hui avec ce que l’on pourrait appeler « l’affaire Gaia ». « L’affaire Gaïa » : hypothèse à la fois scientifique et mythique proposée par James Lovelock et Lynn Margulis. Si « la terre qui se meut » de Galilée est bien connue et a fait l’objet de l’admirable pièce de Bertold Brecth, « la terre qui s’émeut » pour reprendre l’expression de Michel Serres, est beaucoup plus contestée. D’où l’immense intérêt de reprendre la pièce « La Vie de Galilée » mais de lui donner une nouvelle résonance en dressant le parallèle avec « la Vie de Lovelock ».

Ce colloque sous la co-direction de Bruno Latour et P. Frédéric Louzeau se tient dans le cadre du séminaire Les sources de l’insensibilité écologique du Collège des Bernardins.

Programme – Jeudi 6 février – Collège des Bernardins

20 rue de Poissy, 75005 Paris

9h – 9h15
ACCUEIL
Bruno Latour,
 philosophe, sociologue, anthropologue et co-responsable du séminaire Les sources de l’insensibilité écologique du Collège des Bernardins
Frédéric Louzeau, théologien, directeur du Pôle de recherche du Collège des Bernardins

9h15 – 10h15
LA FIGURE SCIENTIFIQUE DE GAÏA
Tim Lenton, 
professeur au sein du Earth system science, Université d’East Anglia, Angleterre

10h15 – 11h15
LA THÉOLOGIE DE LA CRÉATION FACE A GAÏA
François Euvé
, théologien, directeur de la Revue Etudes, Centre Sèvres

11h15 Pause

11h30 – 12h30
VÉHÉMENCE DU MESSIANISME ET ACTION TERRESTRE. UNE LIGNE DE PARTAGE DANS LES MONOTHÉISMES
Bruno Karsenti, 
philosophe des sciences sociales ; directeur d’études, EHESS

12h30 – 13h30
LE VOL DU SANG. RELIRE LA THÉOLOGIE CHRÉTIENNE À L’AUNE DE GAÏA
Émilie Hache
, philosophe ; maitresse de conférences, Université Paris Nanterre ; chercheuse associée au Groupe d’études constructivistes (GECo), Université libre de Bruxelles

15h -17h30
ATELIERS D’ÉCRITURE ET RENCONTRE
(Inscription le jour de l’événement)

RENCONTRE – DISCUSSION
François Euvé​
Emilie Hache

HYMNES ET CANTIQUES
Créer et composer

RITUELS
Partage d’expérience et expérimentation

TERRAINS DE VIE
Découverte de notre ancrage territorial

17h30 Cocktail

18h30 – 20h30
« MOVING EARTHS » – CONFÉRENCE-SPECTACLE
Bruno Latour, 
philosophe, sociologue, anthropologue et co-responsable du séminaire Les sources de l’insensibilité écologique du Collège des Bernardins
Mise en scène Frédérique Aït-Touati

Projet avec le soutien de la Fondation Carasso et la participation du DICRéAM

Programme – Vendredi 7 février – Institut Catholique de Paris

74 rue de Vaugirard, 75006 Paris

9h – 9h15
ACCUEIL
Bruno Latour, 
philosophe, sociologue, anthropologue et co-responsable du séminaire Les sources de l’insensibilité écologique du Collège des Bernardins
Camille Riquier, professeur de philosophie et vice-recteur à la Recherche à l’Institut catholique de Paris

9h15 – 10h15
LE MODE D’EXISTENCE DES ÊTRES RELIGIEUX SAISIS PAR L’ÉCOLOGIE
Tim Howles
, théologien, Université d’Oxford (pressenti)

10h15 – 11h15
GAÏA ET L’ANTHROPOCENTRISME CHRÉTIEN
Jean-Louis Souletie, 
directeur de la faculté de théologie et de sciences religieuses, Institut Catholique de Paris

11h15 Pause 

11h30 – 12h30
L’URGENCE DE PENSER ET DE SENTIR GAÏA
Isabelle Stengers, 
philosophe ; professeur de philosophie des sciences, Université libre de Bruxelles

12h30  – 13h30
LE DOUBLE DANGER DU CHRISTIANISME ET DE GAÏA A LA LUMIÈRE DE L’ANTHROPOLOGIE AMAZONIENNE
Eduardo Viveiros de Castro,
 anthropologue ; enseignant, Musée National, Rio de Janeiro

15h00 – 17h00
ATELIERS D’ÉCRITURE ET RENCONTRE
(Inscription le jour de l’évènement)

RENCONTRE – DISCUSSION
Bruno Latour

HYMNES ET CANTIQUES
Créer et composer

PAROISSES
Découverte de l’ancrage des églises

17h00 – 18h00
CONCLUSION
Bruno Latour, François Euvé, P. Frédéric Louzeau, Camille Riquier

18h00 Cocktail

Ouverture des inscriptions dès le 6 décembre 2019

Avec :

François EUVÉ

Jésuite, docteur en théologie, ancien élève de l’ENS (Cachan), agrégé de physique, professeur de théologie fondamentale et dogmatique. Rédacteur en chef de la revue Études, membre du Conseil de rédaction des Recherches de Science Religieuse, membre du Conseil de la Fondation Teilhard de Chardin.

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