De l’énigme du mal à l’ensauvagement de la violence (II)

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Nous avions tenté, dans une première étape l’an passé, de porter un regard renouvelé sur le mal, un fait d’expérience et pas moins un fait métaphysique : il y a du mal dans le monde, dont les hommes sont ou bien les agents ou bien les victimes. Dieu – le Dieu des philosophes, mais aussi le Dieu des théologiens qui, dans leurs théodicées, plaident la relaxe pure et simple – se voit mis en cause comme responsable inavoué, soit qu’il le permette, soit qu’il s’avère inapte à le conjurer. Nous nous étions proposé, au-delà de ces controverses, d’explorer une troisième voie, inspirée de la Révélation biblique : Dieu surpris et atterré par le Mal imprévu.

Mais dans quelle forme pratique le mal se manifeste-t-il ? La violence en parait une banale et constante concrétisation, qu’elle soit spontanée, instinctive (l’agressivité n’est-elle pas naturelle à l’animal vivant ?) ou délibérée et organisée. Ici les religions sont mises sur la sellette : elles sont accusées de favoriser (à tout le moins de légitimer), d’entretenir voire de provoquer la violence. Particulièrement les monothéismes soupçonnés d’emprise totalitaire : on rappelle inlassablement les massacres et expéditions guerrières, menées au nom du Dieu unique, des croisades au djihad. En contrepoint, les responsables religieux reconnaîtront les faits de plus ou moins bonne grâce, mais pour s’affirmer être avant tout fondamentalement des vecteurs de paix, d’amour et de concorde. Nous mènerons l’enquête le plus loyalement possible.

Autre facette de nos jours de plus en plus préoccupante, la haine qui envahit nos sociétés, acquises de principe à la compétition et à la concurrence généralisées. Ayant admis qu’à l’ère du clash (Ch. Salmon), transgresser les règles de la courtoisie et du débat comme de l’hospitalité, est la norme des rapports sociaux, danserions-nous sur un volcan dont le film de Mathieu Kassovitz (La haine, 1995) annoncerait une prochaine éruption ?

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Ouvert à tous.

Avec :

François MARXER

Doctorat conjoint Institut Catholique de Paris – Paris IV Sorbonne, élève de Jacques Le Brun à l’EPHE. Enseigne l’Histoire de la spiritualité et la théologie spirituelle. Prêtre au service pastoral des paroisses de Rueil-Malmaison

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