Cycle de conférences – Introduction à l’enseignement de sainte Hildegarde de Bingen : Nature, politiques, visions.

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Conférence n°1 – Nature (31 mars 2021)
Une des notions clés de l’histoire de la pensée au XIIe siècle, ‘nature’ reflète la préoccupation philosophique autour de la signification de l’expression ‘création’. A l’époque, il était évident que l’arrière fond de l’idée de la ‘nature’ trouve son assise dans les récits vétérotestamentaires de la création. Bien que, dans cette perspective même, il faudrait préciser davantage ce que veut dire ‘nature’.
Sainte Hildegarde de Bingen (1098-1179) se situe alors bien volontiers dans le mouvement du monachisme bénédictin, qui se fonde, d’une part, sur la réception des Saintes Écritures. D’autre part, ce monachisme est une réalité contemporaine à Hildegarde. Pierre le Vénérable, abbé de Cluny au plein XIIe siècle, et auteur d’ouvrages non sans intérêt théologique, se retrouve néanmoins en marge des grands devéloppements doctrinaux de ce siècle de la première scolastique.
La ‘nature’ peut bien être considérée comme une sorte de porte d’entrée pour ceux qui désirent comprendre et recevoir l’enseignement de la plus récente Docteur de l’Église.

Conférence n°2 – Politiques (7 avril)
De son vivant, le corpus épistolaire qui met en avant la sainte rhénane, fait apparaître notre abbesse comme étant un personnage politique de premier rang. Car nombreux sont les contemporains, qui se retrouvent ou bien comme receveurs/adressés ou bien comme demandeurs/dépêcheurs de lettres en face à face avec la sainte.
Le nombre de lettres conservées se lève vers 300 pièces. Et les sciences historiques d’aujourd’hui ne sont pas encore capables de pouvoir assurer dans quelle mesure chacune d’elles a été réellement envoyé par Hildegarde ou bien reçue par elle. Donc il faut envisager la possibilité de ce que quelqu’un, pendant les dernières anées de la vie de Hildegarde, aurait composé cette collection de lettres afin de construire une image du personnage en question.
Dans l’épistolaire qui porte son nom, Hildegarde de Bingen a été mis en avant comme étant un personnage de la vie publique de sa génération. Et afin de saisir davantage le personnage historique, il vaut la peine de considérer l’une ou l’autre de ces pièces pleines d’enseignement et de sagesse.

Conférence n°3 – Visions (14 avril)
La théologie que Hildegarde de Bingen enseigne, articule, avant tout, le lien qui unit la création à son créateur. Bien que la notion de ‘création’ designe la nature du lien entre Dieu et l’homme, Dieu ne se fait pas voir par l’être humain selon la mesure de celui-ci. De ce point de vue Hildegarde enseigne une théologie négative. Uniquement une intelligence humaine qui fut éclairée par le don de Dieu lui-même, arrive à saisir qui est celui que l’homme voit en vérité. Dieu est sujet d’une théologie positive.
Les visions de Hildegarde de Bingen dont elle est le témoin jusqu’à nos jours, mettent en lumière une relation extraordinaire. Cependant, dans la foi au Christ, les yeux regardent plus loin. La vue humaine, inspirée par l’Esprit, voit, certes, d’abord la chair et le pêché. Mais, au-delà de soi-même, ces derniers laissent apparaître la vision d’un nouveau monde.

Ouvert à tous.

Avec :

Rainer BERNDT

Jésuite, docteur en sciences des religions (Sorbonne). Professeur d’histoire de la philosophie et de l’Église au Moyen Âge.

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