« Croire » dans l’évangile selon Jean

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L’importance accordée dès le prologue hymnique (Jn 1,1-18) et le prologue narratif (Jn 1,19-4,3a) de l’évangile johannique au rapport entre Jésus et ses disciples en termes de « croire » mérite d’être creusée dans ce qu’il comporte de spécifique. Jamais il n’y est en effet question de la « foi » – un substantif abstrait – mais du verbe « croire » qui exprime un acte, explicité dans l’expression : « être engendré de Dieu » (Jn 1,13). Aussi Jésus lui-même est-il défini comme le « Monogène » : « l’Unique-engendré » du Père, dès Jn 1,14. L’intérêt de cette manière de procéder consiste à respecter tant l’humanité que la divinité de la Parole, chair devenue, et des croyants engendrés de Dieu. L’humanité et la divinité de l’un et des autres est ainsi relevée dès le départ pour bien articuler Dieu à l’homme et l’homme à Dieu. Dans cette optique, une attention particulière mérite d’être réservée aux réminiscences explicites et implicites de l‘Ancien Testament qui ne sépare jamais la Révélation de Dieu de son inscription dans l’histoire humaine. La confession de foi dans les traditions d’Israël germe dans des cultures qui s’éclairent les unes les autres. Dès la Genèse, le Dieu d’Israël tend à donner une valeur et une consistance personnelle aux mythes de création et de salut du Proche-Orient ancien, à la lumière du vécu dans l’Alliance et de ses vicissitudes. Dès lors, le souci des auteurs du Nouveau Testament, de celui du quatrième évangile notamment, ne consiste pas à vouloir « démythologiser » la personne de Jésus et des membres de sa communauté. Il s’agit au contraire de montrer combien le mythe, au sens d’une symbolique qui débouche sur le mystère plus que sur le concept, tend à prendre chair dans la Parole-Logos comme en ceux et celles qui croient en lui, en faveur du plus grand nombre possible. Des sondages approfondis permettront ainsi une lecture et une interprétation unitaires de tout l’évangile.

Bibliographie :
J. Kurichianil, Trésors de l’Évangile de Jean, traduit de l’anglais par N. Raymond, Paris- Montréal, Médiaspaul, 2019.
Y. Simoens, Homme et Femme, De la Genèse à l’Apocalypse, textes-Interprétations, Paris, Éditions Facultés jésuites de Paris, 2014.
Y. Simoens, Évangile selon Jean, Paris, Éditions Facultés jésuites de Paris, 2018.

Ouvert sur autorisation du directeur de cycle, formulaire à demander au secrétariat.

Avec :

Yves SIMOENS

Licence et doctorat en sciences bibliques à l’Institut Biblique de Rome de 1974 à 1979. Enseignement du Nouveau et de l’Ancien Testament à l’Institut d’Études Théologiques de Bruxelles de 1979à 1981, interrompu par la dernière année de formation, puis de 1982 à 1993 ; profession religieuse en 1983.

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