Autour de la fuite en Égypte dans l’art chrétien

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Les 14 octobre, 18 et 25 novembre et 2 décembre

L’art chrétien présente-t-il des oeuvres qui donnent à méditer et à contempler des expériences de départ forcé, de migration, de fuite, et a-t-il dans ses archives des peintures où se dit le sentiment d’être un exilé, un étranger ? Répondre à cette question suppose d’interroger pour commencer la Bible, qui est riche d’expériences de cette sorte, depuis Abraham recevant l’ordre de quitter Ur en Chaldée, jusqu’à la Sainte Famille obligée de fuir Bethléem. Tout en faisant l’inventaire et la typologie de ces situations, on s’interrogera sur le rapport très variable que l’art, selon les pays et les époques, entretient avec le fait de témoigner non plus seulement de la béate intimité d’une famille en déplacement mais d’une expérience d’expatriation inconfortable voire traumatisante.

Le propos du cours sera ensuite de reprendre ces questions à la lumière du dossier iconographique de la Fuite en Égypte. Que certains historiens et exégètes de notre temps mettent en doute son historicité n’a pas empêché cet épisode de susciter un très grand nombre d’oeuvres, qui se peuvent classer en une demi-douzaine d’étapes, depuis le départ, alors que Jésus est encore un nouveau né, jusqu’au retour d’Égypte, alors qu’il est (censément) un jeune garçon voire un adolescent, en passant par le fameux Repos lors de la Fuite en Égypte et d’autres moments où le merveilleux consigné dans les textes apocryphes tient une place éloquente lorsqu’il s’agit de montrer la Sainte Famille nourrie par des palmiers complaisants ou cachée aux yeux de ses poursuivants par des troncs d’arbre miraculeux. L’attention se portera en particulier sur certaines oeuvres d’art qui ont su faire percevoir quelque chose de l’expérience de
l’expatriation en montrant Marie et Joseph dormant à la belle étoile couchés entre les pattes du Sphynx ou perdus au milieu des foules égyptiennes, avec les pyramides en vue.

La préoccupation de ce cours n’est pas apologétique ni esthétique, mais historienne, théologique et épistémologique. Au delà du repérage de la présence du thème durant la période considérée, on voudrait mettre au point d’une part une méthode de description et d’interprétation des oeuvres d’art d’inspiration chrétienne, et plaider d’autre part en faveur de l’évaluation de leur qualité théologale.

ouvert à tous

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Avec :

François BOESPFLUG

Professeur honoraire d’histoire des religions à la Faculté de Théologie catholique de l’Université de Strasbourg. Spécialiste d’iconographie chrétienne.

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