Approches croisées Chine-Occident – 4 Février 2020

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4 février 2020 : Les Rapports entre l’homme et la femme dans le confucianisme

On associe souvent la position des femmes chinoises à une phrase attribuée à Confucius (551-479 av. J.-C.) : « Les femmes et les gens médiocres sont les moins faciles à traiter : de trop près, ils se croient tout permis ; de trop loin, ils vous en gardent rancune ».

Mais on ne sait pas dans quel texte Confucius avait tenu ce propos. Les Odes, compilées selon la tradition par Confucius, révèlent plutôt une relation harmonieuse entre les hommes et les femmes. Les textes qui deviendront, sous les Han (206 av. J.-C.-220), classiques confucéens, insistent, il est vrai, sur la soumission des femmes. Selon les Mémoires sur les rites (Liji), la soumission d’une femme est triple : « Enfant, elle dépend du père ou du frère aîné. Une fois mariée, elle dépend du mari. À la mort de celui-ci, elle dépend du fils ».

À l’époque des Han où le confucianisme fut hissé au rang d’orthodoxie étatique, s’opéra un premier tournant des relations entre hommes et femmes, devenues plus rigides. Les manuels de morale à l’usage des femmes prirent alors naissance. L’exemple le plus illustre est la parution des Préceptes pour les femmes (Nüjie) de Ban Zhao (c. 48-c. 112) qui termina la rédaction de l’Histoire des Han (Hanshu), laissée inachevée après la mort de son frère Ban Gu (32-92). Le Nüjie de Ban Zhao légitime la soumission des femmes aux hommes et proscrit le remariage des veuves. Mais ces principes étaient loin d’être respectés dans la réalité et les remariages des femmes étaient fréquents, des Han jusqu’au début des Song (960-1279). Le deuxième tournant se situe au XIe siècle. Cet exposé essaie d’apporter quelques éléments qui contextualisent les rapports entre hommes et femmes envisagés par l’école confucianiste.

Avec la participation de  :

Frédéric Wang est professeur en histoire intellectuelle à l’Inalco, où il était directeur du département d’études chinoises entre 2012 et 2015. Sa recherche porte sur le confucianisme et le néo-confucianisme.

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A propos du cycle « Approches croisées »

Bouddhisme, Confucianisme, Hindouisme, Taoïsme : ces grandes traditions sont apparues il y a deux ou trois millénaires selon les cas. Par la suite, leurs doctrines et leurs pratiques ont évolué selon les divers contextes culturels qui se sont succédé en Inde ou en Chine. Mais dès la veille du XXe siècle, face aux modèles de modernisation occidentaux, elles eurent à se repositionner.
C’est dans ce cadre que nous nous proposons d’étudier cette année « les rapports entre l’homme et la femme ».
Intervenants : Frédéric Wang, Adeline Herrou…

 

Ouvert à tous.

Avec :

Edouard DES DIGUERES

Directeur de l’Institut Ricci, Paris, 2019. D.E.S. de droit public (Paris 1), Master Asian Studies. longues et nombreuses expériences en entreprise à Taibei, Pékin et Canton.

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Michel MASSON

Jésuite, enseignant invité, historien des idées en Chine contemporaine. Diplômé de Harvard, professeur à l’Université chinoise de Hong Kong de 1979 à 1987. 

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