À l’écoute de la création : l’espèce humaine et son milieu

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Les préoccupations les plus aiguës de notre époque, telle la problématique environnementale, sont des symptômes d’une crise du paradigme de la modernité dans lequel l’existence humaine a peu à peu perdu l’ancrage avec son milieu. Sortir de cette impasse nécessite de se mettre à l’écoute d’autres traditions sur l’homme afin de parvenir à un humanisme plus universel. En ce sens, la philosophie de l’École de Kyoto, qui s’est développée en interaction avec l’approche phénoménologique européenne, sans renoncer à son héritage, est une invitation à cette écoute. Nishida Kitarô, fondateur de l’École et son contemporain Watsuji Tetsurô permettent d’entrevoir un nouvel ancrage en mettant à distance l’homme abstrait du Dasein heideggérien dans la mesure où l’être humain (ningen) est à la fois individuel et social. L’être humain existe par ses entre-liens (aidagara), à savoir les relations sociales de toute une communauté. Le croisement en retour avec l’École de Kyoto ouvre un espace, dans les termes de Nishida, une anthropologie dynamique de la double négation qui surmonte les dualités individu/société, nation/monde, humanité/nature pour parvenir à la médiance (fûdosei) ou l’adéquation dynamique et réciproque de l’humain avec son milieu. Cette anthropologie, où éthique et esthétique s’entremêlent, est une base pour penser théologiquement l’être humain dans la création ainsi que sa mission dans le milieu commun. Le retour au monde que prône ce nouveau paradigme ne peut vraiment aboutir que s’il donne à l’humain l’occasion d’entrer en adéquation avec sa nature, lui qui a reçu l’onction de l’Incarnation. En effet, retourner sagement dans le monde pour le rendre à nouveau habitable ne peut être réel et durable que s’il lui permet d’exercer pleinement son fond c.-à-d., contribuer de manière spécifique à l’architecture du monde de la vie en vertu du lien intrinsèque entre la médiance et l’adéquation à la vocation. Dans le cadre du nouveau paradigme, le cours se propose de préciser la nature et les modalités de cette contribution de l’humanité à la création. Elle s’entrevoit dans la relation si spécifique de l’humain à son milieu, une relation qui s’appréhende dans le mouvement des différents niveaux de l’exister, inter alia la chair, le parler, l’habiter, l’énoncer, l’agir, etc. Ainsi, le parcours veut mettre en évidence que le retour à la médiance n’est réalisable que s’il est en même temps, intensification de la vie et co-créativité.

Ouvert à tous.

Avec :

Roland CAZALIS

Jésuite, docteur en biochimie et biologie moléculaire, docteur en théologie.

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