A l’école de saint Bonaventure

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Dans son sermon de jeunesse sur la péricope de Matthieu (23, 10) où le Christ rappelle qu’il est l’unique Maître de tous, Bonaventure explique de quelle manière lui-même et tant d’autres en son temps, tels Thomas d’Aquin, peuvent être eux aussi maîtres. C’est comme « maître auxiliaire », lui-même à l’école du Christ, nous dit Bonaventure, que tout enseignant peut se faire le relais de la vérité révélée par Jésus-Christ. Dans cette perspective, être à l’école de Bonaventure c’est être à l’école du Christ et tout aborder suivant son enseignement : les trésors de la philosophie antique et leur relation à la théologie, la nature dite théologiquement la Création, nature qui doit donc être reçue, préservée comme un don de Dieu et l’être humain enfin dont la grandeur et la noblesse sont manifestées dans la vie du Christ, particulièrement le Christ serviteur, proche des plus faibles et vulnérables. Le Maître donc est selon la sagesse évangélique le serviteur.

D’un point de vue épistémologique, Bonaventure opère, tout comme son fameux contemporain, Thomas d’Aquin, une forme d’ « hospitalité des intelligences et des sciences ou disciplines » tant des diverses sciences qu’il a pu étudier à la Faculté des arts dont la philosophie que la théologie alors établie comme science. Il est, en termes contemporains, pour un dialogue interdisciplinaire certes mais non sans garder un cap : la Vérité révélée qu’est le Christ., « boussole » de notre cheminement en esprit et en acte. C’est aussi pour cette raison qu’il encourage à une connaissance d’ordre sapiential, liée au fait de « goûter » Dieu, de lui être uni, et donc à la théologie mystique car il éprouve aussi les limites de la connaissance construite uniquement sur les capacités pourtant grandes de l’être humain et donc sur un humanisme sans Dieu.

Le christocentrisme de Bonaventure est aussi la clé de son anthropologie puisqu’en contemplant le Christ, l’être humain trouve son modèle accompli. Son anthropologie consiste en un anthropocentrisme ajusté au dessein du Créateur : l’homme peut être le centre et maître de la Création uniquement s’il en prend soin en retour. Contre tout discours actuel de « deep ecology », il est possible de chercher des voies où l’homme qui fait d’ailleurs partie de l’écosystème n’a pas à disparaître pour que le reste de la nature puisse s’épanouir. La voie de pauvreté et de sobriété empruntée par le Christ, puis par saint François d’Assise dont Bonaventure est un disciple sans restriction est un des moyens pratiques toujours actuels de prendre soin de la Création en cessant par exemple toute surproduction et surconsommation.

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