Urgence et silence

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Les fêtes de Noël approchent sur fond d’urgences qui n’en finissent pas de rebondir. Nous avons traversé les confinements, maintenant revient le couvre-feu, les gouvernements mettent en en place de gigantesques plans de relance, lancent des campagnes de vaccination. Au milieu de tout cela, pris comme les autres dans les mêmes tourbillons et tensions, les croyants se tournent, en ce temps de Noël, vers un petit être fragile, un nouveau-né, placé dans une mangeoire.

Certes, toutes les mesures d’urgence sont nécessaires et bonnes. Mais que sont-elles sans ce temps d’arrêt, de silence, autour de cet enfant ? Car lui, sans rien dire, par sa simple présence, appelle en nous une beauté qui n’ose pas toujours se dire : cette capacité de regarder avec respect, de prendre soin, d’admirer la vie en ses commencements, de se réjouir d’une promesse. Et si cela faisait défaut, à quoi serviraient toutes les mesures pour protéger la vie ?

En Christ, le premier mot que Dieu prononce, c’est cette présence silencieuse et fragile, ce suspens de toute parole. Voilà sa première déclaration. Drôle de manière qu’a ce Dieu de parler ; surtout si l’on ajoute que son dernier mot sera un cri dans la nuit de la croix. Et pourtant, à y réfléchir, cette adresse étonnante, capable d’appeler sans prononcer un mot, nous met en genèse, révélant en nous-mêmes une disposition à aimer qui cherche son chemin, en nous laissant toute liberté pour s’y aventurer.

Je vous souhaite une année habitée par ce silence qui fonde autrement ce que nous pouvons dire et faire.

Etienne Grieu, sj

Recteur du Centre Sèvres – Facultés jésuites de Paris

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