« Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères »

Cette phrase du récit de la Passion selon St Luc prononcée par Jésus et destinée à Simon-Pierre (chap. 22, v. 32) a été lue lors de la célébration des Rameaux. Adressée à chaque auditeur de la Parole, elle l’invite, au sortir de la Pâque, à retrouver ses proches, quelle que soit leur situation ou leur foi, pour les soutenir dans les passages difficiles, les encourager sur leur chemin, là où ils ont rendez-vous avec Celui qui les appelle à l’existence.

Entendue par des étudiants, auditeurs ou enseignants du Centre Sèvres, elle garde toute sa pertinence : notre mission ici n’est-elle pas de former des personnes qui pourront à leur tour affermir leurs frères et sœurs ?

Or celui à qui cette parole est adressée, Simon-Pierre, va, très peu de temps après, se défiler, faire celui qui n’a rien à voir avec l’accusé qu’on traîne d’interrogatoire en interrogatoire et sur qui pleuvent les questions méchantes.

Mais peut-être est-ce justement parce que Pierre a craqué, parce qu’il s’est dérobé, parce qu’il sait ce que sont fuite et démission, peut-être est-ce précisément pour cela qu’il peut affermir ses frères. Car alors ce qu’ils recevront de lui ne sera pas l’assurance de ne jamais tomber mais l’expérience d’être relevé.

Puissions-nous, tous les acteurs-rices de cette Eglise si éprouvée et fragilisée, faire cette expérience pascale ; car c’est elle, et elle seule qui fait de nous des témoins du Ressuscité.

Etienne Grieu, sj
Président du Centre Sèvres – Facultés jésuites de Paris