Robert Scholtus : l’Évangile dans le geste de la salutation…

Le christianisme, en tant qu’Évangile, est un acte de communication.  Bonne Nouvelle du Salut,  il ne l’est que dans un geste de salutation comme le suggère au seuil de l’Évangile la salutation de l’ange à Marie. Il est parole adressée, parole transmise et en cela même il est déjà promesse de salut, car tant qu’il y a la parole, il ne peut y avoir d’enfer, de huis-clos absolu. « Saluer autrui, dit Levinas, c’est déjà répondre de lui. » Quand ils se saluent et rendent ainsi le monde commun, les hommes « se sauvent ».
Le contenu du message chrétien, c’est-à-dire l’Évangile de Jésus-Christ, pour le dire d’un mot, est inséparable de la manière d’en rendre compte, de le dire dans la salutation et l’échange qui fondent et structurent la société humaine. Et ce qui fait la nouveauté de cette Bonne Nouvelle, de ce Nouveau Testament, ce n’est pas seulement de s’arracher à l’Ancien mais de s’adresser à tous, d’ouvrir l’espace d’une communication universelle, avec le juif et le païen.
[…] Tout cela revient à dire que l’énoncé du message est inséparable de son mode d’énonciation et donc qu’on ne peut évangéliser qu’évangéliquement, qu’on ne peut proposer le Salut que dans le geste de la salutation. Ils’agit de tendre vers une juste adéquation entre le fond et la forme. Cette adéquation définit ce qu’on appelle un style.

 

Robert Scholtus lors du colloque de rentrée du Centre Sèvres : « Les Chrétiens dans le débat public ».

Les actes du colloque paraîtront aux Editions Facultés jésuites de Paris en février 2014