Réforme pédagogique au premier cycle

Au cours des deux dernières années, les enseignants du Centre Sèvres, stimulés par une vaillante commission pédagogique, ont remis à plat leur manière de travailler. Nous avons commencé par nous (re)demander quelle est notre mission. Se replonger dans les textes de la Compagnie nous a été ici très utile pour réentendre l’invitation à former des ouvriers apostoliques, c’est-à-dire des acteurs de l’Eglise suffisamment enracinés dans une tradition pour pouvoir écouter ce qui aujourd’hui nous appelle et nous bouscule, l’accueillir avec recul et, à partir de là, explorer des chemins d’évangile prometteurs.

Deuxième question : qui sont nos étudiants, de quels horizons viennent-ils, quels parcours de formation ont-ils jusqu’à présent suivi ? On n’apprend plus de la même manière à l’heure de Google et de WhatsApp. De même, les parcours scolaires ne font pas entendre tout à fait la même musique en Inde, aux Etats Unis, au Burkina Faso, ou en Italie. Tout cela est à prendre en compte pour accompagner le mieux possible les étudiants, à partir du point où ils en sont.

Résultat ? Nous avons réduit la durée des cours magistraux (ils n’excèdent plus 20 heures) et ils sont entourés d’une flottille de Travaux Accompagnés (ateliers interactifs) qui aident à l’approfondissement des questions travaillées en cours. Le programme des études se présente comme une série d’étapes à honorer (des modules). Le rôle du tuteur en ressort renforcé. Les séminaires, proposés dès la première année, gardent toute leur importance.

Bref, un gros remue-méninges qui débouche sur une offre mieux ajustée. Nous sommes en train d’en recueillir les premiers fruits.

Etienne Grieu

Président du Centre Sèvres – Facultés jésuites de Paris