Présence

Etienne GRIEU confiné recteur du Centre Sèvres

L’épreuve du confinement ravive une soif de présence : en faisant l’expérience de la distance et de contacts via seulement les téléphones ou les tablettes, nous est redit, en creux, combien la présence de l’autre est irremplaçable. Sa proximité, la possibilité de pouvoir s’embrasser, se serrer dans nos bras ; comme tout cela manque ! C’est l’autre dont on peut sentir la consistance, l’épaisseur, le poids, la résistance, la force, mais aussi la respiration, les échanges dont il vit, la fragilité, les attentes qui l’habitent…

Le temps pascal est cette durée où l’on perçoit une présence qui reste insaisissable. C’est l’expérience que les disciples ont du Ressuscité : quelqu’un qui est là de manière extrêmement tangible, dans une proximité qui touche jusqu’à l’intime mais qui en même temps échappe tout à fait. Voilà qui peut-être, est capable de nous aider à vivre ce mode paradoxal de présence les uns aux autres auquel nous sommes contraints pour quelques semaines encore.

Cette semaine, vous pourrez découvrir un beau texte de François Varillon, ainsi qu’une petite vidéo réalisée par la famille Pouchelle (dont le papa enseigne chez nous la Bible !). Du côté des podcasts, une belle soirée à la découverte d’un christianisme ignoré, celui des Eglise syriaques, avec François Marxer des portraits de femmes mystiques du XXe siècle, et enfin une information sur les réfugiés et migrants qui frappent à la porte de l’Europe. Et trois textes : une interview de Joseph Moingt sur le métier de théologien, une conférence de Patrick Goujon sur Ignace et l’autorité, et un article de Philippe Charru pour introduire à l’écoute de J. S. Bach. Sous des modes variés, voici en fait des « exercices de présence » à des réalités très diverses. Voir tous les articles

Bonne durée dans la joie pascale, sur fond de cette Présence insolite et d’une infinie délicatesse !

Étienne Grieu, sj
Recteur du Centre Sèvres – Facultés jésuites de Paris