Notre responsabilité de formateurs

La reprise a lieu dans un climat bien lourd pour l’Église, avec notamment ces affaires de pédophilie qui de nouveau surgissent. Un lieu comme le Centre Sèvres peut-il apporter une contribution dans la lutte contre ce type d’abus ? Oui, en tant qu’institution qui forme des acteurs de l’Église : consacrés, ministres ordonnés, laïcs.
Car ces maltraitances extrêmement graves ne peuvent se réduire à des déviances individuelles. La récente lettre du pape François au peuple de Dieu alerte sur un climat qui décourage la parole, qui conduit à fermer les yeux et à ne pas oser mettre en cause des autorités qui impressionnent. Quand on peut s’adresser les uns aux autres avec respect et franchise, quand chacun se sent attendu, non seulement pour des prestations, mais aussi pour veiller à la vie de la communauté chrétienne, alors des comportements prédateurs deviennent beaucoup plus difficiles.
Voilà qui engage à réfléchir sur ce qu’est la relation pastorale : pas tant la transmission d’un message par quelques-uns à destination des autres, mais une manière d’avancer ensemble, en recevant l’Évangile les uns des autres, en se corrigeant mutuellement, en s’encourageant et se relançant. Et cela, dans un jeu ou tous les membres de l’Église sont partie prenante.
Sur ce point, le Centre Sèvres en tant que lieu de formation dans l’Église a un rôle à jouer et une responsabilité à assumer. Et cette tâche ne peut se cantonner à un type d’enseignement particulier (comme celui que nous donnerons à partir de cette année sur « relation pastorale et respect des personnes » ) car elle concerne tout l’enseignement, aussi bien dans ses contenus que dans sa forme.
Alors que nous reprenons le chemin des études, nous voici remis devant un défi de grande ampleur. Les scandales des abus sexuels peuvent avoir cet effet bénéfique de nous obliger à redécouvrir que l’Église est une fraternité responsable.
Bonne reprise à chacun. Courage et confiance ! Ces deux dispositions nous serons particulièrement précieuses dans ce climat.

Étienne Grieu
Président du Centre Sèvres Facultés jésuites de Paris