L’Université et l’Esprit Saint

A la Pentecôte, nous avons fêté l’effusion de l’Esprit Saint. A celui-ci, on associe traditionnellement sept dons : la sagesse (goûter et reconnaître la présence de Dieu), l’intelligence (entrer dans le mystère, discerner la vérité de l’erreur), la science (contempler le Créateur à l’œuvre dans sa création), la force (l’audace et la ténacité dans le service), le conseil (la capacité d’écoute et d’attention), la piété (chemin d’une remise de soi en Dieu) et la crainte de Dieu (le respect de sa grandeur).

Les études de philosophie et de théologie aident-elles à cultiver ces dons de l’Esprit ? Oui bien sûr, car elles font faire de multiples exercices qui ont une dimension spirituelle : écoute et accueil, discernement, élargissement des horizons, approche d’un Dieu qui en même temps échappe.

Mais il est une autre affinité entre l’Université et l’Esprit. Elle tient, précisément, à son souci de l’universel, qui passe par le refus de faire jouer les dons de l’Esprit les uns contre les autres. Dès lors, la force n’est pas dissociée du conseil, l’empêchant de prendre un tour brutal ; la science ne se conçoit pas sans la crainte de Dieu, sans quoi elle peut aller vers l’orgueil ; la piété ne se refuse pas à l’intelligence qui la garde d’être naïve et sans pertinence ; et la sagesse a besoin de la force pour être sans cesse remise en chemin.

Bon chemin, dans le souffle de l’Esprit Saint !

Etienne Grieu, s.j.

Président du Centre Sèvres facultés jésuites de Paris