« L’espérance ou l’ouverture de l’avenir », Geneviève Comeau, « Christus », avril 2015

 
L’espérance n’est pas au bout d’une argumentation, d’un raisonnement. Les « raisons d’espérer » ne suffisent pas pour vivre dans l’espérance. Et, inversement, bien des gens vivent dans l’espérance alors que les raisons d’espérer semblent leur faire complètement défaut ! Au fond, la source de l’espérance n’est pas un calcul de probabilités. Sinon, il vaudrait mieux dire « escompter », ou « supputer », plutôt qu’ « espérer ».

 

L’espérance n’est pas le fruit d’un raisonnement, elle ne naît pas de la considération des colonnes du « pour » et du « contre ». Sa source est plus intérieure, plus existentielle. C’est dire aussi la difficulté d’en rendre compte avec des arguments. Car l’espérance, comme la foi, touche toutes les dimensions de la personne : intelligence, volonté, mémoire, imagination, liberté, sensibilité, affectivité, jusqu’à ce centre mystérieux de l’être où on est seul avec Dieu. Les mots, à eux seuls, ne suffisent pas pour en rendre compte. C’est une attitude, une manière d’être, qui va pouvoir en témoigner. D’où l’importance de témoins qui donnent à d’autres le goût des passages, le goût de faire le premier pas dans la mer….

 

L’espérance est en fait l’ouverture de l’avenir – à ne pas entendre comme « des lendemains qui chantent », ni comme un avenir éloigné. L’espérance ouvre notre présent à sa dimension d’avenir, de possible. Là où l’on croit que la porte est définitivement fermée, que la mort a eu le dernier mot, que la pierre du tombeau bouche l’horizon… l’espérance ouvre l’avenir. Pour la foi chrétienne, elle est en lien avec la résurrection du Christ.

 

« L’espérance ou l’ouverture de l’avenir », Geneviève Comeau, Christus, avril 2015, pp. 221-222