Le nom de Dieu est miséricorde…

Nous sommes entrés depuis plusieurs semaines dans cette année de la Miséricorde voulue par le Pape François. Témoigner que la miséricorde de Dieu dépasse tout, c’est en effet la première chose que doit faire l’Eglise, sa mission première. Oui, le nom et le visage de Dieu est miséricorde. La miséricorde est bien un attribut de Dieu, mais comme le dit le Pape, « l’attribut divin qui occupe la première place », « l’expression de l’être même de Dieu qui est Amour » (1) . Finalement, c’est ce qui dit le mieux qui est Dieu, qui il est ultimement, une fois qu’on a traversé tout ce qu’on pouvait dire de lui. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si l’ouverture de cette année jubilaire a coïncidé avec les 50 ans de la clôture du concile Vatican II que Jean XXIII avait ouvert en soulignant que l’Église préfère « recourir au remède de la miséricorde, plutôt que de brandir les armes de la sévérité ». Certains pourraient craindre que mettre en avant le thème de la miséricorde conduise l’Eglise à émousser le tranchant de son message, et faire montre de faiblesse. En fait, le Pape montre l’inverse. C’est précisément parce qu’on est sûr de la miséricorde de Dieu qu’on doit être très audacieux et très direct pour dénoncer le mal sous toutes ses formes qui abîme l’humanité ou défigure l’Eglise. Ne passons pas à côté de cette année, pour que nos vies et notre Eglise y trouvent un renouvellement intérieur. Pour que nous quittions  « le cynisme destructeur » qui fait tant de ravages et nous engagions davantage à ce que la vérité remette l’homme debout. La miséricorde est recréatrice.

P. François Boëdec, sj.

(1). Le nom de Dieu est miséricorde, conversation du Pape François avec A. Tornielli, Robert Laffont, 2016, 170 p