La joie explosive

La joie explosive

Si la Bible était un livre pétri de merveilleux, nous aurions du mal à croire la Bonne Nouvelle de la résurrection du Christ. Mais voilà, les Ecritures manifestent un souci obstiné de la réalité, avec une application non moins étonnante à ne jamais l’enjoliver. Au point que pendant longtemps, la vie éternelle n’a tout simplement pas affleuré comme question digne d’intérêt pour les auteurs et lecteurs du premier Testament. Ce qui les intéressait avant tout, c’était comment vivre aujourd’hui, comment Dieu peut-il nous aider, nous guider, et chaque jour rouvrir pour nous la porte de l’avenir. C’est dans cette histoire où nous pataugeons depuis toujours avec nos vieilles bottes en caoutchouc jamais vraiment étanches, que nous avons appris qui était Dieu.

Entendre la résurrection du Christ sur ce fond lui donne un certain relief. Car s’il y en a un à qui toutes les portes de l’avenir ont été fermées, c’est bien lui, le condamné, le damné de notre histoire. Mais là, oui, il y a eu du merveilleux, parce que seule une telle intervention pouvait desserrer ce huis-clos où nous l’avions enfermé. Plus que du merveilleux d’ailleurs, c’est Dieu qui agit, sa puissance qui est à l’œuvre. La résurrection ouvre la grande porte, la belle porte et, de là, le Christ va faire voler en éclat tous les cachots, prisons et cellules d’isolement.

Cela se passe sous terre, dans les enfers, dans nos tréfonds malheureux. Mais ça fait un tel barouf que nous en ressentons les répliques, très clairement, jusqu’à aujourd’hui.

La voilà la joie de Pâques : elle est explosive. Personne ne peut la domestiquer. Mais on lui fait honneur chaque jour quand on regarde la réalité dans les yeux en lui disant : « quelle allure ! Mais n’oublie pas que le dernier mot de l’histoire c’est le souffle de la résurrection ! »