Graines d’espérance

A l’occasion des élections européennes (mais aussi de celles qui viennent d’avoir lieu en Inde), nous le sentons de nouveau : le monde est en proie à une fièvre inquiétante qui favorise ceux qui prennent des postures agressives, qui cherchent toujours à hausser le ton et semblent ne pas connaître d’autre outil que l’emporte-pièce. Et ça marche… Sans doute parce que nous sommes dans une époque de déstabilisation profonde, où beaucoup de sécurités ont été levées sans être remplacées, laissant une impression de vide. L’angoisse est là et nous ne savons pas comment y faire face, quels mots dire dans ces cas-là, comment reprendre le cours d’échanges sereins qui aideraient la confiance à grandir de nouveau.

Que faire ?
Devenir des passionnés de la parole vraie et humble à la fois, d’un regard qui perçoit la souffrance mais refuse de s’y enfermer, de gestes qui relèvent, relient, rouvrent… Et travailler à de nouvelles règles du jeu pour une vie ensemble qui n’oublie personne.
Or tout cela se cultive comme on prend soin d’un jardin. A un niveau personnel mais surtout en s’y mettant à plusieurs. S’il est une contribution que le Centre Sèvres – mais c’est l’affaire de toute l’Eglise – peut apporter à la bataille qui s’annonce, c’est d’être un de ces lieux où l’on apprend le respect de chacun, où la joie de se retrouver ne joue pas contre certains, où ceux qui nous manquent sont attendus et espérés.
Alors que l’année universitaire se termine et que chacun s’apprête à en faire le bilan, j’espère que beaucoup d’étudiants et d’auditeurs du Centre Sèvres y trouveront quelques graines d’espérance qu’ils pourront semer là où ils seront envoyés.

Étienne Grieu, sj
Président du Centre Sèvres – Facultés jésuites de Paris