Gaudete

« Dirige notre joie vers la joie d’un si grand mystère pour que nous fêtions notre salut avec un cœur vraiment nouveau ». Cette oraison du dimanche de Gaudete rappelle que chaque être est habité par une propension à la joie – peut-être assoupie, peut-être blessée ou même agonisante – mais qui, malgré tout, demeure et peut croître. C’est là le point de départ pour entrer dans les réjouissances de la Nativité : s’appuyer sur la joie présente en nous, qu’elle soit toute pimpante ou bien confuse. Or cette joie se révèle lorsqu’elle s’approche d’un nouveau-né, entièrement vulnérable, couché dans une mangeoire. Car ce petit si fragile convoque en nous ce qu’il y a de plus beau. Voilà comment Dieu entend d’abord rassembler l’humanité.

Que cette joie de Noël, si forte parce que reçue d’un être si faible, s’enracine en chacun de vous, qu’elle grandisse et dépasse tout souci, toute angoisse, toute peur. Qu’elle se déploie également dans vos communautés, vos familles et vos lieux de vie et de travail. Qu’elle entre ainsi, avec vous, au Centre Sèvres, dans son hall, ses couloirs, ses salles de cours et de séminaire, dans les rayons de sa bibliothèque, dans son jardin, ses bureaux, au secrétariat, à la comptabilité, dans l’atelier de reprographie et au service de la communication.

Les fêtes de la Nativité sont aussi celles de notre propre naissance : réjouissons-nous !

Président du Centre Sèvres – Facultés jésuites de Paris