Espérance

Je ne peux me représenter le Christ sans espérance : quand il parle en paraboles, quand il rassemble des disciples, quand il tressaille lorsque les tout petits accueillent la Bonne Nouvelle, quand il prend le chemin de Jérusalem pour s’adresser à la cité de David, quand il s’aperçoit que les portes se ferment, quand il trouve malgré tout un chemin vers nous, jusque sur la croix.

La fête de Pâques atteste que cette espérance n’était pas une illusion et elle révèle ce qui en constitue le cœur : un engagement de Dieu vis-à-vis de sa création que même les pires violences ne peuvent annihiler. Ainsi tout repose sur une relation, sur la fragilité d’une parole et d’un amour donnés. Là est la plus grande force, bien plus vigoureuse que tous les effets de puissance.

Que la joie des fêtes pascales fraye son chemin en chacun de nous et puisse rejoindre tout ce qui y reste en souffrance, en tristesse ou simplement désabusé, pour l’éclairer de cette lumière qui n’aveugle pas mais appelle et rouvre l’horizon.

Quoi espérer de meilleur pour le Centre Sèvres sinon qu’il soit pleinement au service de la lumière de Pâques : elle qui s’origine en Dieu lui-même, en son dessein de faire confiance, d’engager une histoire avec ceux à qui il s’adresse, de faire de l’humanité une famille capable de pardon et de paix ?

 

Etienne Grieu, s.j.
Président du Centre Sèvres