Enjeux d’une élection

Au lendemain du premier tour de l’élection présidentielle, renvoyant l’image préoccupante d’une France fracturée, les chrétiens doivent être du côté de ceux qui favorisent la parole et le dialogue. Cela demande du courage, car il est parfois plus facile de se raidir sur ses positions que de favoriser la parole. Le compromis est une tâche noble du travail politique. C’est plus qu’un entre-deux ou le simple résultat d’un rapport de forces. Le compromis, c’est du nouveau qui émerge à l’issue d’un dialogue où chacun s’est senti respecté. Il y a parfois des choses fondamentales qu’on ne doit pas lâcher, ne pas renier ses convictions mais sans s’enfermer dans des blocages qui empêchent la vie en commun d’avancer. Comme l’ont bien dit les évêques : « S’il faut parfois donner un témoignage de fermeté, que celle-ci ne devienne jamais raideur et blocage. Elle doit être ferme proposition sur fond de patiente confiance que Dieu ne cesse d’avoir pour l’homme. »

Notre Mardi d’éthique publique du 2 mai prochain tentera de tirer les premiers enseignements de cette période électorale, notamment pour les chrétiens, et d’aider à envisager l’avenir.

P. François Boëdec
Président du Centre Sèvres Facultés jésuites de Paris