Ce n’est pas tant de réussir qui importe le plus, c’est de progresser

Voilà ! La rentrée est faite ! Et chacun achève de mettre en place le cadre qui lui permettra d’avancer vers l’objectif qu’il s’est donné. Bien sûr, tout le monde désire à juste titre réussir son année. Mais parfois ce terme de réussite peut être ambigu et nous mettre dans des attitudes intérieures pas complètement ajustées. Ici au Centre Sèvres, nous appuyant sur la pédagogie ignatienne, ce n’est pas tant de réussir qui importe le plus, c’est de progresser.
Certes, les deux idées sont proches mais elles ne mettent pas l’insistance au même endroit. Sans doute la réussite est-elle souvent – mais pas toujours – le signe d’un progrès, d’une évolution. Mais elle peut aussi devenir le seul but, attendu et redouté, l’élément incontournable, sans lequel rien de ce qui a été vécu sur le chemin n’a de valeur et de sens. Avec le risque d’être focalisé par ce seul objectif, et inquiet devant la barre qui risque d’être trop haute.
Or, ce qui importe le plus, c’est d’abord de progresser. C’est avec l’aide d’un certain nombre de moyens pédagogiques, découvrir et connaître d’avantage, être transformé, nourri, humanisé par l’expérience intellectuelle qui ne peut être un exercice solitaire. Et se réjouir de tout ce qu’on reçoit en route qui donne force et envie pour aller plus loin.
Ne nous trompons donc pas d’objectif cette année. Celle-ci sera réussie, au centre Sèvres comme ailleurs, si nous avons progressé vers la vie.
 

P. François Boëdec, jésuite

Président du Centre Sèvres