Catholiques

Catholiques

Les célébrations du 500e anniversaire des origines de la Réforme protestante se terminent. Quels fruits en recueillir ? Les commémorations ont été célébrées dans un très bel esprit d’ouverture. Il semble bien que le dialogue œcuménique peu à peu, éduque nos oreilles et notre cœur à l’écoute de l’autre, éveille un intérêt pour ses positions même si elles semblent contredire les nôtres. Bien sûr, le dialogue entre catholiques et luthériens doit encore se poursuivre, notamment sur les questions touchant l’Église et les sacrements. En tout cas, il n’est pas insensé d’espérer franchir de nouveaux pas vers la pleine communion.

Mais dès à présent, ne nous sommes pas, ensemble, en train de réapprendre ce que veut dire être « catholique » ? Non pas d’abord promouvoir une appartenance confessionnelle – ce qui ne veut pas dire qu’on aurait pour celle-ci un quelconque mépris. En fait, être catholique, n’est-ce pas consentir à être corrigé, élargi, rouvert au don de Dieu, par les autres frères et sœurs dans la foi ? Un catholique, c’est quelqu’un dont les convictions ne se transforment pas en blindages, parce qu’il est sans cesse convoqué à réentendre les appels de Dieu, y compris lorsqu’ils sont formulés avec des accents pour lui déroutants. Ce qui signifie aussi des liens suffisamment forts pour supporter les critiques et traverser les conflits.

Voilà qui engage un certain rapport à la théologie dogmatique, que nous essayons de promouvoir au Centre Sèvres : une attention fidèle aux contenus de la foi hérités des discernements qui ont eu lieu avant nous ; mais également une disposition à se laisser surprendre par le Christ que d’autres abordent un peu différemment de nous.

P. Etienne Grieu, s.j.
Président du Centre Sèvres-Facultés jésuites de Paris