Adrien Demoustier, La vie ressuscitante

Seule l’union de Dieu avec l’homme peut donner à l’homme de traverser sa mort. Dans la mesure où l’homme se laisse activement unir à Lui, cette traversée est déjà effective, déjà corporellement vécue, alors même qu’elle reste toujours au-delà des images qui permettent d’en prendre conscience. Le Corps du Christ est totalement unifié par la Parole qu’il est comme Dieu. Les âmes des justes auxquels il donne, par sa visite, de s’unir à lui, sont réunies dans l’unité avec ce corps spirituel unifié dont elles sont membres. Ce corps est pleinement parlant. L’unité spirituelle unifie définitivement l’âme et le corps. Elle donne à l’âme ressuscitant de susciter la chair en corps spirituel. La chair dont il est alors question n’est plus celle dont les sciences biologiques peuvent reconstituer mentalement la structure. Cette chair ressuscitée est un réel autre que celui que décrit le cycle du carbone par exemple. Ce dernier est une figure objectivée du statut de la chair non ressuscitée, parce que non réellement unie à Dieu, non vécue sous la gouverne d’une âme unie à Dieu. Cette action unifiante et ressuscitante du Christ fonde pour l’homme la possibilité d’une expérience vivante de la mort partie intégrante de la Vie.

 

Adrien Demoustier, Les Exercices spirituels de S. Ignace de Loyola, Editions Facultés jésuites de Paris, 2006, p. 393