1974 – 2022 : entre héritage et modernité, histoire vécue de la bibliothèque du Centre Sèvres

Portrait de Jacqueline Diot, directrice de la bibliothèque, 2022
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Après 37 ans au coeur des bibliothèques jésuites, de restructuration en déménagements, de désherbages en recomposition des fonds, Jacqueline Diot a suivi de près les grandes évolutions de la Compagnie de Jésus. Sous un angle inédit, celui des livres. Avant de quitter le Centre Sèvres pour un repos mérité, elle propose un témoignage précieux tiré de ses recherches et de sa mémoire : celui de l’histoire de la bibliothèque des Facultés jésuites de Paris. Ce faisant, elle donne ainsi la parole aux ouvrages silencieux, dont le rôle est à définir dans un monde toujours plus connecté.

1974, baptême du feu

Des rayonnages de livres qui enserrent une église, on ne pouvait trouver meilleur symbole pour signifier l’apostolat spirituel et intellectuel de la Compagnie de Jésus ! Les magasins de la bibliothèque du Centre Sèvres tournent autour de l’église Saint Ignace. Impossible de deviner depuis l’intérieur de l’église que des bibliothécaires s’activent derrière les murs au niveau du triforium et sous la tribune de l’orgue. Mais depuis les magasins, il arrive parfois d’entendre quelques accords solennels et de respirer des bouffées d’encens. Cette proximité faillit avoir de graves conséquences lorsqu’en 1974 un court-circuit se produisit dans la salle où étaient entreposés des cartons de livres en attente d’installation sur les rayons. Le feu couva quelques temps, sans flamme, puis la fumée alerta les pompiers. L’eau des lances à incendie fit son travail, mais détruisit encore quelques volumes qui finirent leur vie sur le trottoir de la rue de Sèvres dans un amoncellement de cendres et de pages retournées à l’état de pâte à papier. On estime à environ 12 000 le nombre de volumes perdus, essentiellement des ouvrages de théologie. On pourrait souhaiter une entrée en matière plus réjouissante pour commencer l’histoire d’une bibliothèque, mais ce baptême un peu rude n’entama pas le zèle des bibliothécaires, le reste des collections fut installé, les fichiers mis à jour et les livres remplacés progressivement. Dans les rayons, quelques volumes noircis et des reliures racornies rappellent encore aux gardiens des lieux que les collections sur lesquelles ils veillent sont fragiles et périssables.

2022, l’emblème d’une politique de près de 50 ans

Faire l’histoire d’une bibliothèque et en particulier d’une bibliothèque jésuite n’est pas chose aisée. La documentation disponible est quasiment inexistante et les quelques documents officiels sont laconiques. On en retire l’impression à la fois rassurante et décevante qu’elles remplissent leurs fonctions « naturellement » et en toute discrétion. Pourtant, qui les utilise ou travaille à les rendre utilisables se rend compte qu’elles ont été entretenues et ont suivi bon gré mal gré tous les changements intervenus dans la vie interne de la Compagnie. On se rend compte très vite que leur unique mission est d’être au service direct de l’apostolat jésuite et que, lorsqu’elles ne peuvent plus la remplir, il leur faut se reconvertir ou disparaître, car la bibliothèque jésuite n’a pas vocation à exister en tant que telle. La bibliothèque du Centre Sèvres n’échappe pas à la règle commune, et par la force des circonstances et de l’évolution démographique de la Compagnie en France, elle se trouve être le terme emblématique de la politique menée depuis près de cinquante ans.

Lire le témoignage intégral : Jacqueline Diot, directrice de la bibliothèque du Centre Sèvres, 24 juin 2022

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