« Exsultet » et extrait du discours du pape François à la 36e Congrégation Générale de la Compagnie de Jésus (24 octobre 2016)

Pape François 36e congregation generale

Exsultet !

Nous te louons, splendeur du Père. Jésus, Fils de Dieu.

Qu’éclate dans le ciel la joie des anges !
Qu’éclate de partout la joie du monde
Qu’éclate dans l’Eglise la joie des fils de Dieu
La lumière éclaire l’Eglise,
La lumière éclaire la terre, peuples, chantez !
Voici pour tous les temps l’unique Pâque,
Voici pour Israël le grand passage,
Voici la longue marche vers la terre de liberté !
Ta lumière éclaire la route,
Dans la nuit ton peuple s’avance, libre, vainqueur !
Voici maintenant la Victoire,
Voici pour Israël le grand passage,
Voici la longue marche vers la terre de liberté !
Ta lumière éclaire la route,
Dans la nuit ton peuple s’avance, libre, vainqueur !
Voici maintenant la Victoire,
Voici la liberté pour tous les peuples,
Le Christ ressuscité triomphe de la mort.
Ô nuit qui nous rend la lumière,
Ô nuit qui vit dans sa Gloire le Christ Seigneur !
Amour infini de notre Père,
suprême témoignage de tendresse,
Pour libérer l’esclave, tu as livré le Fils !
Bienheureuse faute de l’homme,
Qui valut au monde en détresse le seul Sauveur !
Victoire qui rassemble ciel et terre,
Victoire où Dieu se donne un nouveau peuple
Victoire de l’Amour, victoire de la Vie.
Ô Père, accueille la flamme,
Qui vers toi s’élève en offrande, feu de nos cœurs !
Que brille devant toi cette lumière !
Demain se lèvera l’aube nouvelle
D’un monde rajeuni dans la Pâque de ton Fils !
Et que règnent la Paix, la Justice et l’Amour,
Et que passent tous les hommes
De cette terre à ta grande maison, par Jésus Christ !

Extrait du discours du pape François à la 36e Congrégation Générale de la Compagnie de Jésus (24 octobre 2016)

Il est toujours possible de faire un pas supplémentaire dans notre demande insistante de consolation (…). C’est la tâche de la Compagnie de consoler le peuple fidèle et d’aider par le discernement afin que l’ennemi de la nature humaine ne nous enlève pas notre joie : joie d’évangéliser, joie de la famille, joie de l’Eglise, joie de la création… Qu’il ne nous la vole ni par le découragement devant la grandeur des maux du monde et les malentendus entre ceux qui se proposent de faire le bien, ni en la remplaçant par les joies futiles qui sont toujours à portée de main, dans n’importe quel commerce.

Le « service de la joie et de la consolation spirituelle » est enraciné dans la prière. Il consiste à nous encourager et à encourager tout le monde à « demander avec insistance la consolation à Dieu ». (…) Pratiquer et enseigner cette prière qui consiste à demander, avec supplication, la consolation est le service principal de la joie. Si quelqu’un ne s’en considère pas digne (ce qui est fréquent dans la pratique), qu’au moins il insiste en demandant cette consolation par amour du message évangélique, puisque la joie en est constitutive, et qu’il la demande par amour pour les autres, pour sa famille et pour le monde. Une bonne nouvelle ne peut être annoncée avec un visage triste. La joie n’est pas un ajout décoratif, elle est le signe clair de la grâce : elle indique que l’amour est actif, agissant, présent. C’est pourquoi il ne faut pas confondre le fait de la rechercher avec la recherche d’un « effet spécial » que notre époque sait produire par les exigences de la consommation, mais on doit la chercher dans son signe existentiel qui est la « permanence » : Ignace ouvre les yeux et s’éveille au discernement des esprits en découvrant la différence de valeur entre les joies durables et les joies passagères (Autobiographie 8). Le temps sera l’élément qui lui offre la clé pour reconnaître l’action de l’Esprit. Parenthèse : l’une des expressions de la joie profonde est le sens de l’humour. Je crois que c’est là une grâce de Dieu. Pour moi, l’attitude humaine la plus proche de la grâce divine est le sens de l’humour.

Dans les Exercices, le « progrès » dans la vie spirituelle se donne dans la consolation : c’est le fait de « s’élever du bien vers le mieux » (Ex. Spir, 315) et aussi « tout accroissement d’espérance, de foi et de charité, et toute allégresse intérieure » (Ex. Spir, 316). (…) Cette joie de l’annonce explicite de l’Evangile – au moyen de la miséricorde – est ce qui pousse la Compagnie vers toutes les périphéries. Le jésuite est un serviteur de la joie de l’Evangile.