Commentaire du texte de l’évangile de la vigile pascale, Geneviève COMEAU

Voici le commentaire du texte de l’évangile de la vigile pascale, par Geneviève Comeau, enseignante au Centre Sèvres. C’est donc aussi un regard de femme sur ce récit où des femmes sont au premier plan.

Matthieu 28, 1-10

Marie de Magdala et l’autre Marie étaient présentes au moment de la crucifixion, puis de l’ensevelissement. Elles avaient suivi Jésus depuis la Galilée. Longue fidélité de ces femmes… Elles ont servi Jésus pendant sa vie, elles ont voulu être près de lui dans sa souffrance et sa mort ; leurs regards n’ont pas quitté son corps supplicié, puis roulé dans un tombeau.

Et voilà qu’après le Shabbat, elles retournent vers son tombeau.

Disciples de la première jusqu’à la dernière heure – c’est elles qui vont recevoir la première annonce. La nouveauté du petit matin, le souffle de vie qui met en route, c’est elles qui vont les percevoir.

Le tremblement de terre, l’éclat éblouissant de l’ange qui s’assoit victorieusement sur la pierre roulée, l’ouverture du tombeau… tous ces signes impressionnants, ce n’est sans doute pas cela le plus important pour ces femmes. Mais plutôt : la parole de vie, qui invite à se détourner du tombeau, et à se mettre en route.

Sur cette route, Jésus va venir à leur rencontre.

C’est sur la route, en faisant confiance à la promesse dite, qu’elles vont rencontrer le Vivant. Comme les dix lépreux, qui se sont mis en route à la parole de Jésus, et qui ont été purifiés en chemin. Comme le fonctionnaire royal, qui s’est mis en route à la parole de Jésus, et qui a reçu en chemin l’annonce que son enfant était vivant.

Comme ces suppliants de l’Evangile, ces femmes aussi portent en elles une supplication, une prière : « Que jamais je ne sois séparée de toi ; que rien, même la mort, ne me sépare de toi. »

Exaucées au petit matin, elles poursuivent leur route pour porter la nouvelle de la Résurrection jusqu’à leurs frères restés à la maison, jusqu’à nous.

Nous qui avons reçu la parole de vie, pour la porter à d’autres, encore plus loin. Pour la vivre, et pour que d’autres en vivent. Dans la nuit de l’épreuve, comme au matin de Pâques.