Semaine sainte

Semaine sainte

Nous nous apprêtons à entrer dans la « semaine sainte », ce temps qui s’ouvre entre le dimanche des rameaux et la fête de Pâques. Curieux, ce nom de « semaine sainte », n’est-ce pas ? Car il y est question de la mort d’un réprouvé au milieu de deux autres condamnés, dans un horrible supplice. Une histoire qui fait voir crûment le pire dont l’humanité est capable : la jalousie, l’accusation, le mensonge, la manipulation, l’acharnement sur un être sans défense, l’humiliation, la dérision, la trahison, la fuite des proches et amis. C’est quand même difficile d’y trouver beaucoup de sainteté…

Or, il est saint, ce temps du déferlement du mal ; parce qu’il laisse voir, au milieu de tout cela, un chemin, celui du Christ, ouvert dans le plus grand dénuement, mais puissant au point de défier la mort et de l’emporter sur le mal.

Parvenir à contempler la sainteté de cette semaine peut-il nous aider à discerner la sainteté de notre temps ? Lui aussi connaît les angoisses, les grandes solitudes, beaucoup de rendez-vous manqués, des mensonges et des violences. Mais également, relayés par d’innombrables acteurs parfois très modestes, des fidélités magnifiques, des engagements qui ne calculent pas, la présence à ceux qui sont en détresse. Tous ceux qui, dans le secret de leur âme, se fient aux appels qu’ils ont entendus et y reconnaissent une promesse.

Alors, oui, à l’école de ceux qui se risquent aux autres, 2021 pourrait être une année sainte.

Etienne Grieu
Recteur du Centre Sèvres – Facultés jésuites de Paris