«Le pardon, un horizon d’espérance pour les victimes» Guilhem Causse

pere Guilhem Causse Centre Sevres

Le père Guilhem Causse est interviewé par le portail Catholique Suisse le 25 mars 2020 sur son livre Le pardon ou la victime relevée

 

Le pardon reste souvent encore le parent pauvre des débats sur les abus sexuels dans l’Eglise. Il est pourtant une arme redoutable pour lutter contre le mal et pour libérer les victimes, rappelle Guilhem Causse. Dans un récent essai, le jésuite en propose une analyse philosophique, théologique et spirituelle approfondie. Le pardon est un horizon d’espérance pour les victimes afin de retrouver la joie.

Le sous-titre de votre livre: Le pardon ou la victime relevée étonne. La conception habituelle du pardon concerne plutôt le pécheur qui reconnaît sa faute.
Guilhem Causse : Un jour une femme est venue me raconter qu’elle avait été victime d’un prêtre dans sa jeunesse et que cela l’avait laissée dans un état psychologique mais aussi spirituel très perturbé. Le travail a été de chercher avec elle une voie pour retrouver un rapport de confiance à elle-même d’abord, puis aux autres. J’ai pris conscience qu’ouvrir l’horizon du pardon supposait un long travail. En parallèle, j’avais étudié la question chez quelques philosophes contemporains. Le contraste m’a frappé. Ces auteurs parlaient uniquement du coupable en laissant la victime entre parenthèses, comme si le pardon allait surgir un peu par magie et qu’elle ne pourrait que le recevoir et l’accorder.

Ce genre de conception est encore largement dominant dans l’Eglise.
Guilhem Causse : Oui. Cette situation m’a d’autant plus encouragé à retourner aux textes bibliques et évangéliques pour me rendre compte que la victime y est omniprésente. Dans l’évangile de Matthieu, la brebis perdue que son maître recherche n’est clairement pas le coupable, mais bien la victime. Ce ‘tout petit’ qui est l’objet du scandale dénoncé par Jésus.

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Source © Centre catholique des médias Cath-Info, 25.03.2020